MICHEL FOUCAULT : LE GIP, L’HISTOIRE ET L’ACTION

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Thèse soutenue en philosophie sous la direction de Monsieur François Delaporte en novembre 2006 à l’Université de Picardie Jules Verne d’Amiens (80) – Mention « Très honorable et félicitations du jury.

Composition du jury :

René Schérer, Professeur émérite de Philosophie, Université de Paris 8,

Alain Brossat, Professeur de Philosophie, Université de Paris 8,

Patrice Pinell, Professeur de Sociologie, IRESCO, Paris,

Olivier Forcade, Professeur d’Histoire Contemporaine, Université de Picardie, Amiens,

François Delaporte, Professeur de Philosophie, Université de Picardie, Amiens.

RÉSUMÉ :

Le premier texte de Michel Foucault sur la prison est un texte militant : il s’agit du Manifeste annonçant, le 8 février 1971, la création d’un Groupe d’Information sur les Prisons. L’objectif de ce collectif est de donner la parole aux prisonniers de droit commun. En 1975, Foucault publie Surveiller et punir. Naissance de la prison. L’objectif de ce livre est de construire une “généalogie de l’actuel complexe scientifico-judiciaire”. À sa lecture, nous sommes surpris de voir une telle prégnance de l’actualité : il est impossible d’oublier l’expérience du GIP. Quelles relations peut-on établir entre ces deux investigations ? Quels liens cette histoire de la prison et l’actualité des problèmes liés au système carcéral entretiennent-elles ?

Dans cette thèse, nous montrons que ce diagnostic porté sur les prisons et leur histoire relève d’une résistance “par logique”. Il exprime également un acte de courage qui, face au pouvoir de normalisation et d’individualisation “descendante”, devient un art de l’ “inservitude volontaire”. Autrement dit : les actions de Foucault au sein du GIP, comme ses recherches historico-philosophiques sur la pénalité, participent de cet êthos selon lequel “contredire est un devoir”.

SOMMAIRE :

MICHEL FOUCAULT : LE GIP, L’HISTOIRE ET L’ACTION

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PREFACE de René Schérer : « combat contre l’intolérable »

INTRODUCTION

CHAPITRE 1 : État des lieux des années 50-60.

1° La réforme Amor

2° Débats

3° Mutineries

CHAPITRE 2 : Le Groupe d’Information sur les Prisons.

1° Le GIP, Groupe d’Information sur les Prisons

2° Les mutineries de l’hiver 1971-1972

3° Le GIP, de fait, modifie son action

CHAPITRE 3 : Surveiller et punir.

1° Une pratique historico-philosophique

2°Polémiques

3° Une généalogie du pouvoir disciplinaire

CHAPITRE 4 : L’histoire et l’action.

1° Un nouveau rapport entre la théorie et la pratique

2° Le présent et l’actualité

3° « Contredire est un devoir »

CONCLUSION

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

INDEX

TABLE DES MATIÈRES

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En espérant que cette thèse, faite avec rigueur et conviction, serve à d’autres ;

En espérant qu’elle puisse intéresser des étudiants, des chercheurs, des praticiens ou tout autre public ;

En espérant simplement aussi faire connaître ce sujet passionnant…

Aussi, je voudrais ici remercier René Schérer, ce chercheur et militant sans compromis, pour sa magnifique  et généreuse préface. Avec toute mon admiration et toute ma  reconnaissance, encore merci.

Enfin, je voudrais à ce propos vous conseiller la lecture de ses ouvrages et particulièrement ceux, bien sûr, dont la réflexion porte sur l’hospitalité ; l’HOSPITALITÉ dont l’éloge est aujourd’hui nécessaire .

Je vous invite donc en premier lieu à lire Hospitalités aux éditions Anthropos, publié en 2004. Ce livre rassemble plusieurs textes consacrés à ce thème par René Schérer depuis 1993, depuis la parution de Zeus hospitalier.

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L’hospitalité consiste essentiellement dans le rapport à l’autre qu’elle introduit. Recevoir, accueillir, reconnaître en l’autre son semblable et, de plus, apprécier sa présence, son contact, comme un apport et un enrichissement, non  comme une gêne fait passer du plan d’une conception qui valorise “le même”, l’identité au détriment de tout ce qui est étranger, au plan d’une philosophie qui attache une plus grande valeur à l’autre, au respect des différences. Il y a, aujourd’hui, très souvent combat entre ces deux attitudes d’esprit, et il est clair qu’un problème social, un “cas” ne sera pas abordé de même manière si l’on adopte pour traiter l’une ou l’autre attitude : celle qui tend à limiter l’accès à l’étranger, y voyant un intrus, un parasite, et celle qui voit en sa présence une source d’enrichissement collectif.

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