septembre 2009


COMMUNIQUÉ

DÉTRUIRE LES JUNGLES : UNE FAUSSE SOLUTION

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Nous, associations engagées quotidiennement auprès des migrants, sommes convaincues que le plan gouvernemental de destruction des jungles est inefficace et aggrave la situation.

Détruire les abris, c’est provoquer l’éparpillement des camps, livrer les migrants aux réseaux maffieux et ne rien régler sur le fond. C’est persister dans l’erreur de 2002 (fermeture du camp de Sangatte).

Depuis le discours de M. Besson à Calais en avril, le nombre de migrants visibles à Calais a baissé. Certains sont passés en Angleterre. Rares sont ceux qui ont pu déposer une demande d’asile en France. La plupart ont fui les menaces policières vers la Belgique et la Hollande, les autres se sont disséminés dans la nature. Contraints de se cacher, ils sont plus que jamais vulnérables, privés d’accès aux soins et à la nourriture et livrés, contre leur gré, à la seule loi des maffias.

Que deviendront ceux qui seront arrêtés dans les jours qui viennent ? Expulsés dans leur pays d’origine ? Relâchés dans la nature sans information, ni secours ? Renvoyés en Italie ou en Grèce où les conditions de vie des réfugiés sont dramatiques ?

Le gouvernement propose une aide au retour volontaire vers des pays en guerre et des dictatures. Combien accepteront de retourner en Afghanistan, Irak, Iran, Somalie, Soudan, Érythrée… Sachant qu’en outre, les retours volontaires ou forcés dans certains de ces pays s’avèrent diplomatiquement impossibles ?

Le gouvernement communique beaucoup sur la tradition d’asile de la France mais une infime partie des migrants ont eu la possibilité de demander l’asile. La plupart en est empêchée par le règlement européen Dublin II que la France applique avec zèle, sans utiliser le pouvoir qu’elle a d’en suspendre l’application. Depuis avril dernier, à peine 170 demandes d’asiles ont été déposées à la sous-préfecture de Calais. Seulement 50 d’entre elles seront traitées. Les autres demandeurs ont été renvoyés dans la jungle et peuvent être à tout moment arrêtés et expulsés par la force, principalement en Italie et en Grèce où les conditions de vie des réfugiés sont dramatiques. En Grèce, l’accès à l’asile est quasi impossible.

M. Barrot, commissaire européen chargé des droits de l’homme a récemment dénoncé les dysfonctionnements de la politique européenne en matière d’asile.

Il faut que les États européens cessent de se défausser sur leurs voisins. La solidarité européenne doit devenir une réalité. Le règlement Dublin II doit changer, il piège les réfugiés dans des impasses et les laisse sans protection.

Pour sortir de la loi de la « jungle », il faut remettre le système d’asile européen sur ses pieds en arrêtant de dénier les besoins de protection des personnes et en prévoyant un mécanisme leur permettant de demander asile dans le pays de leur choix ou là où elles ont des liens familiaux, linguistiques ou culturels. Quel que soit leur choix, il faut également leur assurer des conditions d’accueil conformes à la dignité des personnes en prévoyant des structures d’hébergement ouvertes à tous.

NOUS APPELONS TOUS LES SYMPATHISANTS A LA CAUSE DES MIGRANTS À SE RÉUNIR DEVANT LE CENTRE COMMERCIAL LES 4B A 18 H 30 LE SOIR DE LA DESTRUCTION DES JUNGLES POUR UN CERCLE DE SILENCE.

Calais, le 21 septembre 2009

Associations signataires :

La Belle Étoile, Coordination Française pour le Droit d’Asile, GISTI, Secours Catholique, C’ SUR, Salam, Collectif Fraternité Migrants (Angres), Terre d’Errance Norrent-Fontes, Terre d’Errance Steenvoorde, Calais Migrants Solidarity, Les Exilés du 10° (Paris), La Ligue des Droits de l’Homme (Pas-de-Calais et Fédération Régionale), Médecins du Monde, La Cimade, Les Verts, NPA Calais, Amnesty International.

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COMMUNIQUÉ


LE MRAP PORTE PLAINTE

CONTRE LES PROPOS DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

ET DEMANDE SA DÉMISSION

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Fidèle à ses principes d’une lutte sans concession contre le racisme sous toutes ses formes, quels qu’en soient les auteurs ou les lieux, le Bureau exécutif du MRAP réuni ce lundi 14 septembre 2009, a pris la décision de faire citer devant le tribunal correctionnel du chef de diffamation à caractère raciste M. Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, pour les propos profondément humiliants et attentatoires à la dignité et la considération des personnes d’origine arabe.

Cette expression blessante s’inscrit dans le contexte de l’université d’été de l’UMP, lors d’une conversation à bâtons rompus entre militants. M. Hortefeux a non seulement failli à son statut de ministre qui représente les valeurs de la République, mais de surcroît a participé à l’incitation à la discrimination, confortant ainsi les préjugés racistes en y apportant sa contribution, notamment en déclarant : « Quand il y a en a un, ça va… C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».

C’est sur ce fondement que le MRAP demande également la démission de M. Brice Hortefeux de son poste ministériel.


Paris, le 14 septembre 2009

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples

43 bd Magenta – 75010 Paris – Tél. : 01 53 38 99 99

Site web : http://www.mrap.fr

Aider le MRAP : http://secure.mrap.fr

—> voir la vidéo sur dailymotion.

ÉVÉNEMENT

LA PROTECTION DE LA DIGNITÉ DES PERSONNES PRIVÉES DE LIBERTÉ

Conférence-débat – Jeudi 10 septembre 2009 à 19H30

à la Maison fraternelle, 37, rue Tournefort 75005-Paris
Métro : Place Monge (ligne 7)

ACAT

Le nécessaire respect de la dignité humaine exige davantage que l’abstention de porter atteinte à l’intégrité (physique et mentale) et d’humilier la personne privée de liberté ; il requiert aussi d’assurer des conditions de détention matériellement décentes. Les juridictions françaises commencent à se saisir de cette problématique ainsi qu’en témoigne la récente condamnation de l’administration pénitentiaire du fait de l’encellulement dans des conditions contraires à la dignité humaine (manque d’hygiène, insalubrité, promiscuité, absence d’intimité) à la maison d’arrêt de Rouen.

Par ailleurs, les modalités d’exécution de la mesure ne doivent pas soumettre le détenu à « une détresse ou une épreuve d’une intensité qui excède le niveau inévitable de souffrance inhérent à la détention ». Il en résulte que les autorités doivent tenir compte de la vulnérabilité personnelle de l’intéressé, liée à son âge, à un handicap ou encore à une pathologie physique ou psychiatrique. Sur ce point également, les nombreuses condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l’homme montrent qu’il reste beaucoup à faire…

Avec Marianne Moliner-Dubost

(Maître de conférences de Droit public à l’Université Jean Moulin-Lyon 3)

à la Maison fraternelle, 37, rue Tournefort 75005-Paris
Métro : Place Monge (ligne 7)
Participation libre aux frais d’organisation. Pas d’inscription préalable.

organisé par l’ACAT de Paris V
en association avec l’ERF Quartier Latin-Port Royal

Tél.06 79 19 34 21
courriel : acatparis5@voila.fr
http://acatparis5.free.fr