avril 2009


COMMUNIQUÉ

COMMUNIQUÉ DE « DES MAINTENANT EN EUROPE »

68 244, nouveau record du nombre de personnes sous écrou (1er avril 2009, France entière). Face à une telle situation, la Garde des Sceaux investie, comme on sait, dans sa campagne pour les élections européennes semble ne plus rien maîtriser. Face à la colère des surveillants et à la menace de trois de leurs syndicats de bloquer progressivement les établissements à partir de lundi, Mme Dati n’a rien trouvé de mieux que de décider d’un moratoire dans la mise en œuvre des règles pénitentiaires européennes (Lettre du 30 avril adressée au secrétaire général du SNP FO). Après le retard invraisemblable dans la mise à l’agenda de l’Assemblée nationale, de la loi pénitentiaire déjà votée par le Sénat, on assiste maintenant à la remise en cause de l’un des objectifs majeurs de la réforme : mettre, au plus vite, la France en cohérence avec les règles européennes adoptées par le Conseil de l’Europe le 11 janvier 2006.

Ce moratoire est irresponsable, il est inacceptable. « DES Maintenant en Europe » invite personnes morales et personnes physiques à protester auprès de Monsieur le Premier Ministre, ainsi qu’auprès des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, afin que la Garde des Sceaux revienne sur cette décision absurde.

Pierre Victor Tournier

Le nombre de personnes sous écrou atteint un nouveau record : 68 244. Le précédent record remonte au 1er juillet 2008 (68 151). Si ce nombre continue d’augmenter, de 2% sur les douze derniers mois, le nombre de détenus est resté stable. Le nombre de places opérationnelles en détention a augmenté de 4,2 %, le nombre de détenus en surnombre baissant de près de 6 %.

Au 1er avril 2009, 68 244 personnes sont sous écrou (+ 1 524 en un an, soit + 2,3 %) soit : 16 220 prévenus détenus (- 7,1 %), 47 131 condamnés détenus (+ 3,0 %), 4 297 condamnés placés sous surveillance électronique (+ 42 %), 596 condamnés en placement à l’extérieur, sans hébergement pénitentiaire (+ 23 %).

Le nombre de personnes détenues est de 63 351 (+ 140 en un an, soit + 0,2 %).

Les nombre de places opérationnelles en détention est de 52 741 (+ 2 110 en un an, soit + 4,2 %) et le nombre de détenus en surnombre de 13 098 (- 771 en un an, soit – 5,6 %)

Arpenter le Champ Pénal, n° 137.

—> L’ensemble des données est à votre disposition sur simple demande à Pierre-Victor.Tournier@wanadoo.fr – Base de données « ACP ». Population sous écrou au 1er avril 2009, 25 pages.

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COMMUNIQUÉ

DOCUMENT DE PLAIDOYER

AUX CANDIDATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES

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À l’occasion des élections européennes qui auront lieu en juin prochain, nous appelons le 17 mai 2009 à une mobilisation de grande ampleur à travers l’Union européenne et les pays du Sud. Nous, acteurs des société civiles, demandons aux candidats aux élections européennes de s’engager à placer le respect de la justice, des droits et de la dignité humaine au cœur de politiques alternatives en matière de migration et de développement. Nous vous proposons en pièce-jointe les versions française, anglaise, espagnole, italienne, allemande et portugaise de notre document de plaidoyer, tronc commun de notre mobilisation. Reprenant notre positionnement initial – les 70 recommandations « Des ponts, pas des murs ! » – ce document est essentiellement destiné aux candidats aux élections européennes. Chaque pays pourra ensuite le décliner selon son contexte national et l’adapter pour une diffusion auprès du grand public.

Pour signer, organisations de la société civile uniquement, merci d’envoyer le nom de votre organisation avec le sigle et le détail de l’acronyme s’il existe, le pays d’origine ainsi que le nom et les coordonnées d’une personne contact au sein de votre organisation à l’adresse suivante : contact@despontspasdesmurs.org .

—> Télécharger le document de plaidoyer.

—> Télécharger les 70 recommandations :

Une approche réellement globale, qui favorise les synergies positives entre migrations et développement, ne peut se construire qu’au travers d’un dialogue équitable entre les pays de départ, de transit et d’accueil d’une part, et entre les sociétés civiles et les pouvoirs publics d’autre part. 70 recommandations ont été élaborées collectivement par les associations parties prenantes du sommet citoyen « des ponts pas des murs », afin de proposer une approche des migrations alternative à celle qui transforme l’Europe en forteresse.

QUOTIDIEN

RÉCIT D’UNE EXPULSION, CELLE D’HASSAN EL BOUYAHYAOUI

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Fonctionnaire de la Police Aux Frontières

Voici le récit d’une expulsion en France : ordinaire, trop ordinaire.

Pour saisir l’importance et la fréquence en France de telles expulsions, vous pouvez vous rendre sur le site de RESF ou vous abonner à leur fil RSS ou leur lettre d’information.

Né en octobre 1987, de nationalité Marocaine, Hassan El Bouyahyaoui est arrivé en France en juin 2003 sur inscription au passeport de son père. Depuis la séparation de ses parents – Hassan avait une dizaine d’années- il n’a jamais revu sa mère, ni ses 2 frères et sœurs.

Scolarisé de 2003 à juillet 2007, dont les deux dernières années au centre de formation d’apprentissage professionnel Henri Martin à Lézignan (Corbières), son père, résidant en France depuis 1974, est aujourd’hui invalide à 80%. Son frère aîné, qui a eu exactement le même parcours que Hassan, est, lui, en situation régulière.

Comment Hassan El Bouyahyaoui est-il arrivé à une situation …d’expulsion ? «A 18 ans, j’ai fait une demande de titre de séjour et j’ai obtenu une prolongation de 6 mois du fait de mon inscription en CAP mécanique en alternance, en fonction d’un accord qui existait alors avec le Rectorat, mais dénoncé depuis par la préfecture», précise-t-il.

Suite à son échec aux épreuves théoriques du CAP en juillet 2007, sa demande de renouvellement de titre de séjour a été rejetée le 29/11/07. Un rejet confirmé le 27/03/08. Entre temps, Hassan avait retrouvé, grâce à l’association Passerelles, une nouvelle formation en mécanique par alternance. Ce qui a motivé sa nouvelle demande de titre de séjour.

Contrôlé par les autorités compétentes, le 18 février 2009, il a été placé au centre de rétention de Sète et il a été libéré le 20 février 2009 par décision du juge.

Hassan Bouyahyoui déposait alors un nouveau dossier de demande de réexamen de sa situation, le 9 mars 2009. Mais, contrôlé à nouveau le 10 mars, il est expulsé par bateau de Sète vers Tanger, le soir même. Personne n’était là pour l’accueillir au Maroc, un pays qu’il n’a pas revu depuis 6 ans.

Depuis, Hassan est retourné à Oujda, où il vit dans une petite chambre près de son grand-père, très âgé, sourd et aveugle, qui n’a pas pu l’accueillir. Parti à la recherche d’une autre grand-mère, il a appris qu’elle était décédée. Un cousin l’a hébergé quelques jours à Taza, puis l’a «invité» à quitter le lieu et «à se débrouiller».

Depuis, Hassan est hébergé ici et là. Il n’a plus d’argent et ne trouve aucun boulot. Très perturbé par l’expulsion, il s’est fait renverser par une voiture quelques jours après son arrivée et il s’est fracturé la cheville.

«Nous avons mis Hassan en contact avec des personnes du RESF Maroc, qui essaient de répondre à ses appels au secours. Il cherche une place en foyer et du travail. Sans résultat à ce jour. Hassan se bat pour essayer de survivre dans ce pays qu’il ne connaît plus. Il est d’autant plus désespéré que les nouvelles de sa famille à Montpellier ne sont pas bonnes. Son père, malade, supporte mal la séparation avec son fils qui s’occupait de lui avec beaucoup d’amour et de respect. Sa santé se dégrade», indique Hicham Barakat, acteur associatif à Oujda.

«Mon seul rêve est de pouvoir travailler et vivre enfin avec mon père et mon frère. Nous venions tout juste de trouver un petit appartement pour vivre ensemble, après des années de galère. Quand l’expulsion est venue tout casser !» déclare Hassan El Bouyahyoui.

En France plusieurs associations essayent de venir en aide à Hassan et exige son retour en France. On compte parmi elles le Comité de soutien de Hassan, RESF 34, la Cimade …

Rachid Hallaouy
Copyright Yabiladi.com

RESF développe une campagne publique d’information et de sensibilisation sur la question des jeunes majeurs sans papiers et des lois qui les fabriquent.

Cette campagne se déroulera sous plusieurs formes dont des affiches.

Alexandra et Verlain débutent la série des affiches.

D’autres visages viendront par la suite….

—> Il est aujourd’hui possible de lire de nombreux témoignages :

– dans ce livre publié par La Cimade et les Éditions Syros : Paroles clandestines. Les étrangers en situation irrégulière en France (2008).

– sur le site de Cette France-là.

– etc.

COMMUNIQUÉ

LES MIGRANTS DE CALAIS MANIFESTENT

COMMUNIQUÉ DE L’ASSOCIATION SALAM

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Jeudi 23 avril 2009 lors de la visite du Ministre M. Besson à Calais

Après avoir été raflés ce mardi et encerclés dans la jungle ce jeudi pendant la visite du ministre Besson, les Migrants avaient décidé de manifester dans les rues calaisiennes pour dénoncer  le tout répressif de la politique de l’immigration en France, le non respect des Droits de l’Homme en France, l’absence de point d’eau ce qui nuit à leur santé, la destruction programmée de la jungle. Nos amis Migrants ont sollicité SALAM pour les aider à l’organisation de cette manifestation notamment au niveau du service d’ordre ainsi qu’une possibilité de filmer pour prévenir tout dérapage. Plus de 600 Migrants ont donc rejoint le centre ville dans un calme exemplaire. Nous leur avons servi le repas face au jardin Richelieu en cette soirée estivale où les promeneurs étaient très nombreux. La presse et FR3 ont pu couvrir cette manifestation. Une fois de plus nos amis Migrants nous ont donné une leçon de dignité , de respect des Droits de L’Homme et de démocratie !

ARTICLE DE LA VOIX DU NORD :

Hier en fin d’après-midi, les migrants ont manifesté dans les rues de la ville.

Le cortège arrivé au parc Richelieu, les bénévoles leur ont alors servi le repas habituel après avoir organisé la manifestation en une file régulière.

Organisée à l’initiative des migrants eux-mêmes, indiquait Sylvie Copyans, bénévole de l’association Salam, une manifestation a réuni deux cents clandestins, hier à l’heure du repas du soir. Son objet : dénoncer la destruction de la jungle, et des squats en général, annoncée jeudi par le ministre de l’Immigration Éric Besson lors de sa visite à Calais.

Les migrants se sont rassemblés au hangar Paul-Devot où Salam distribue habituellement le repas du soir. Ils sont partis vers le centre-ville.

Sur le parcours, scandant « So, so, solidarité », les migrants en ont appelé au soutien de la population, suscitant l’indifférence, voire des réactions négatives de la part des habitants qu’ils ont croisés.

COMMUNIQUÉ DE SALAM :

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Nous avons été très déçus de la visite du ministre Besson. Nous avons assisté simplement à un conseil des Migrants ni plus ni moins simplement présidé par monsieur le ministre alors que nous aurions souhaité débattre aussi de la politique migratoire. Nous n’épiloguerons pas sur l’ambiance de la réunion sachant dissocier le caractère de l’Homme que l’ ambiance de la réunion confirma et le Ministre de la République présent pour une réunion de travail. Tout d’abord félicitons-nous du retour de la possibilité d’entamer les procédures de demandes d’asile sur Calais et apprécions le désaveu de monsieur Besson à ses prédécesseurs qui en avaient supprimé la possibilité ! C’est une point très important que nous réclamions et que nous souhaiterions voir accompagner de la possibilité de domicilier les demandeurs au nom de l’association SALAM. Le transfert du lieu de distribution au quai Fournier est aussi un point positif notamment pour la tranquillité des riverains. Nous nous devons de dénoncer les mensonges et interprétations des situations. La jungle n’est pas une zone de non droit … la police y intervient jour et nuit. Le climat n’est pas tendu avec les Migrants. Les passeurs ne font pas régner la terreur etc…

De même, nous regrettons fortement le tout répressif prôné par le ministre Besson à l’image des centaines de représentants des forces de l’ordre qui avaient envahi la ville.

Une place de la mairie muselée par les forces de l’ordre. L’interdiction faite aux manifestants de disposer de pancartes revendicatives. Le quadrillage de la jungle pour immobiliser les Migrants dans la zone. Enfin nous remercions l’ensemble des militants qui étaient venus soutenir les Migrants à l’image de SOS soutien ô SP, RESF, Salam, étudiants de Calais et de Lille, Droit devant de Paris et autres soutiens individuels, la presse et les télévisions. Cependant nous étions très peu nombreux ! Et ne parlons pas de l’absence devenue rituelle des Politiques ! Pour conclure, regrettons le manque de solidarité des associations calaisiennes tellement criant que le ministre Besson en professionnel de la division en profita dès le début de la réunion s’offrant ainsi une paisible séance qui nous a pour le moins laissés sur notre faim !

ÉVÉNEMENT

UNE SEMAINE SUR FRANCE CULTURE

VIVRE EN PRISON

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LUNDI 20 AVRIL 2009 :

09h00 : LA FABRIQUE DE L’HISTOIRE.

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INVITÉ : Michel Vaujour.

Pour ouvrir cette semaine consacrée à l’histoire de la prison, marquée par la pensée de Michel Foucault, la Fabrique vous propose un entretien avec Michel Vaujour, ex-braqueur, roi de l’évasion.

Au cours de cet entretien, on s’intéresse en particulier au cheminement mental de Vaujour pendant ces 27 années passées derrière les barreaux. Il raconte ici comment il vivait en quelque sorte « la prison dans la prison », très solitaire, isolé. Comment son opposition le conduisait à l’ascèse, obnubilé par la seule idée de l’évasion.
Jusqu’au moment où, finalement, il a accepté de jouer le « jeu » carcéral…

13h00 : LES PIEDS SUR TERRE.

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LE BLUES DU MATON…

Surpopulation chronique, nouvelles mesures sécuritaires destinées à prévenir les évasions, fermetures des portes de cellule, stress et misère sexuelle, la prison comme solution aux problèmes sociaux est le lieu de toutes les violences. Témoignage de Jean, surveillant à la prison de Fresnes.
1ère diffusion le 25/06/2003

16h00 : SUR LES DOCKS.

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UNE SEMAINE À FLEURY-MÉROGIS (1/4) – La maison d’arrêt des hommes, à l’épreuve des images interdites

Première émission d’une série de quatre proposée par Alexandre Héraud et réalisée par Gilles Davidas

L’Administration pénitentiaire ne peut jamais gérer le temps comme elle le voudrait. Au moment où elle autorise l’entrée à Fleury-Merogis d’une équipe de « Sur les docks », circulent des images tournées, dans cette prison, précisément, par les détenus eux-mêmes qui sont parvenus à introduire une mini-caméra dans l’enceinte. Leurs vidéos fournissent la matière d’un documentaire diffusé le 2 avril par « Envoyé Spécial » de France 2. Locaux dégradés et surpeuplés, tensions et violences à tous les étages, débrouille au quotidien : la direction de la prison est contrainte de reconnaître que, dans la partie non rénovée du site, la réalité est conforme à ces témoignages.
Le personnel, qui supporte lui aussi cet état de fait, estime qu’il ne s’agit pas de le dissimuler ou de l’édulcorer. En même temps, on explique que la plus grande prison de l’Union européenne – 3717 détenus pour 2841 places – a déjà bénéficié d’investissements importants, qu’elle entre dans le cadre du plan de relance Sarkozy-Devedjian et qu’il a été désigné comme site pilote en matière de respect des normes pénitentiaires européennes.
Nous avons pu exceptionnellement procéder, dans une volonté affichée de transparence, à une série d’enregistrements pendant une semaine. Ces reportages relaieront la parole des détenus et des membres de l’Administration pénitentiaire (surveillants et travailleurs sociaux), sur les trois sites bien distincts que comprend sur un terrain de cent quatre-vingt hectares à douze kilomètres d’Evry (Essonne) cette prison, mastodonte pénitentiaire. Nous les commenterons en direct du local de l’atelier radio situé dans l’aile rénovée de Fleury-Merogis (la tripale D2 inaugurée par Rachida Dati le 27 octobre 2008) avec pour chacune des émissions un invité en direct associé à la vie de cet établissement. Puis, nous passerons le relais à « Du grain à moudre ».

La Maison d’arrêt des hommes, à l’épreuve des images interdites

Invités en direct :
Paul Louchouarn, directeur de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis ;
Habib Laïdi, fondateur de « Radio Evasion » à Fleury-Mérogis (association ARAC, l’association de recherche d’animations culturelles).

Éléments enregistrés :
Ingrid Delabarre, directrice du Bâtiment D1 ;
Nelly Tebb, membre de l’association « Lire c’est vivre » et des détenus du bâtiment D1 lors d’un atelier de lecture ;
Les détenus de l’atelier de « Radio Evasion » ayant fabriqué un module sur leur perception de la circulation des « images interdites » à l’extérieur de leurs murs ;
Harold dit « bazaar », dans sa cellule du D2 récemment rénovée ;
Karim Bellazar et Omar Dawson, réalisateurs du documentaire « les images interdites » de Fleury.

Production : Alexandre Héraud
Réalisation : Gilles Davis

—> Programme de la semaine.

—> Et en complément, il est possible de voir le documentaire filmé par deux détenus de Fleury Mérogis, « Fleury, les images interdites », diffusé le 02 avril 2009 par l’émission Envoyé spécial :

partie 1

partie 2

partie 3

—> Et je vous renvoie aussi à mon précédent billet qui, par l’intermédiaire de Maître Eolas, évoquait déjà cette vidéo faite par deux détenus de Fleury-Mérogis.

PUBLICATION

DE LA PRISON AU CAMP : LA SAISIE DE L’ESPACE-CORPS

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Voici une intervention que j’ai faite dans le cadre d’un colloque organisé par l’association Doc’Géo avec le soutien de l’École Doctorale Montaigne-Humanités, de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine et de l’UMR ADES sur le thème « Espaces d’enfermement, espaces clos ».

Résumé :
Là où le délinquant au XIXème siècle a légitimé le quadrillage policier et la politique disciplinaire intérieure, l’étranger aujourd’hui semble, à sa manière, autoriser le dispositif sécuritaire européen.
Après avoir défini les spécificités propres à la prison et au camp, surgira un nouvel objet, un nouvel espace auquel notre dernier point sera consacré : celui du corps. Différentes passerelles peuvent relier le délinquant et l’étranger. Pourquoi l’immigré est-il si souvent assimilé au clandestin ? Assurément, notre époque criminalise l’étranger. Peut-on pourtant si aisément rapprocher le délinquant de l’étranger, le prisonnier du clandestin, les prisons des camps de rétention ? Il semble que la passerelle la plus marquée entre le délinquant et le clandestin soit cet espace intime, investi par des mécanismes qui excèdent toute clôture et tout cloisonnement : l’espace-corps des fichiers.

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—> Ce colloque est aujourd’hui publié dans son intégralité sur le site du labo ADES – Aménagements, Développement, Environnement, Santé et Sociétés – UMR 5185.

—> J’en profite également pour vous encourager à lire ou parcourir le dernier rapport d’information sur les fichiers de police.

ÉVÉNEMENT

JOURNÉES D’ÉTUDE – MIGRINTER

LE VISIBLE ET L’INVISIBLE DANS LE CHAMP DES ÉTUDES SUR LES MIGRATIONS

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MSHS Poitiers, 14, 15 et 16 avril 2009
Salle des Conférences
99, avenue du Recteur Pineau, 86000 Poitiers

MARDI 14 AVRIL

Axe A : Visibilité et invisibilité : Champs, réseaux et politiques migratoires

Discutants : Patrick Gonin (MIGRINTER, CNRS, Univ. Poitiers), Leyla Sall (MIGRINTER, CNRS, Univ. Poitiers), Catherine Withol de Wenden (CERI, Sciences Po) et Luc Legoux (Univ. Paris I Sorbonne, MIGRINTER).

Atelier 1 : « Des pratiques aux représentations ».
Atelier 2 : « Sans papiers, réfugiés, exilés ».

MERCREDI 15 AVRIL

Axe B : Migrations et dynamiques urbaines : entre visibilité et Invisibilité

Discutants : Julie Garnier (MIGRINTER, CNRS, Univ. Poitiers), Lucine Endelstein (Univ. Grenoble, MIGRINTER), Emmanuel Ma Mung (MIGRINTER, CNRS, Univ. Poitiers) et Marie-Antoinette Hily (MIGRINTER, CNRS, Univ. Poitiers).

Atelier 3 : « Réseaux et ancrages urbains ».
Atelier 4 : « Altérité et mises en scène en ville ».


JEUDI 16 AVRIL

Axe C : Approches et méthodes

Discutant : André-Frédéric Hoyaux (ADES, CNRS, Univ. de Bordeaux 3).

Atelier 5 : « Restituer le visible et l’invisible : perspectives méthodologiques ».

Conclusion par William Berthomière (MIGRINTER)

—> Pour consulter l’intégralité du programme.

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