quotidien


FILM

LE CORPS INCARCÉRÉ

DOCUMENTAIRE DIFFUSÉ SUR LE SITE LE MONDE.FR

quatre témoignages

Ce documentaire se construit sur des témoignages mis en scène, des photographies illustrées par quatre parcours à la fois spécifiques, individuels et très représentatifs de ce qu’est la prison aujourd’hui.

Documentaire de Soren Seelow, Léo Ridet, Karim El Hadj, Bernard Monasterolo et Éric Dedier.

Témoignages d’Hugo, Hafed, Hélène et Djemel.

QUOTIDIEN

RÉCIT D’UNE EXPULSION, CELLE D’HASSAN EL BOUYAHYAOUI

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Fonctionnaire de la Police Aux Frontières

Voici le récit d’une expulsion en France : ordinaire, trop ordinaire.

Pour saisir l’importance et la fréquence en France de telles expulsions, vous pouvez vous rendre sur le site de RESF ou vous abonner à leur fil RSS ou leur lettre d’information.

Né en octobre 1987, de nationalité Marocaine, Hassan El Bouyahyaoui est arrivé en France en juin 2003 sur inscription au passeport de son père. Depuis la séparation de ses parents – Hassan avait une dizaine d’années- il n’a jamais revu sa mère, ni ses 2 frères et sœurs.

Scolarisé de 2003 à juillet 2007, dont les deux dernières années au centre de formation d’apprentissage professionnel Henri Martin à Lézignan (Corbières), son père, résidant en France depuis 1974, est aujourd’hui invalide à 80%. Son frère aîné, qui a eu exactement le même parcours que Hassan, est, lui, en situation régulière.

Comment Hassan El Bouyahyaoui est-il arrivé à une situation …d’expulsion ? «A 18 ans, j’ai fait une demande de titre de séjour et j’ai obtenu une prolongation de 6 mois du fait de mon inscription en CAP mécanique en alternance, en fonction d’un accord qui existait alors avec le Rectorat, mais dénoncé depuis par la préfecture», précise-t-il.

Suite à son échec aux épreuves théoriques du CAP en juillet 2007, sa demande de renouvellement de titre de séjour a été rejetée le 29/11/07. Un rejet confirmé le 27/03/08. Entre temps, Hassan avait retrouvé, grâce à l’association Passerelles, une nouvelle formation en mécanique par alternance. Ce qui a motivé sa nouvelle demande de titre de séjour.

Contrôlé par les autorités compétentes, le 18 février 2009, il a été placé au centre de rétention de Sète et il a été libéré le 20 février 2009 par décision du juge.

Hassan Bouyahyoui déposait alors un nouveau dossier de demande de réexamen de sa situation, le 9 mars 2009. Mais, contrôlé à nouveau le 10 mars, il est expulsé par bateau de Sète vers Tanger, le soir même. Personne n’était là pour l’accueillir au Maroc, un pays qu’il n’a pas revu depuis 6 ans.

Depuis, Hassan est retourné à Oujda, où il vit dans une petite chambre près de son grand-père, très âgé, sourd et aveugle, qui n’a pas pu l’accueillir. Parti à la recherche d’une autre grand-mère, il a appris qu’elle était décédée. Un cousin l’a hébergé quelques jours à Taza, puis l’a «invité» à quitter le lieu et «à se débrouiller».

Depuis, Hassan est hébergé ici et là. Il n’a plus d’argent et ne trouve aucun boulot. Très perturbé par l’expulsion, il s’est fait renverser par une voiture quelques jours après son arrivée et il s’est fracturé la cheville.

«Nous avons mis Hassan en contact avec des personnes du RESF Maroc, qui essaient de répondre à ses appels au secours. Il cherche une place en foyer et du travail. Sans résultat à ce jour. Hassan se bat pour essayer de survivre dans ce pays qu’il ne connaît plus. Il est d’autant plus désespéré que les nouvelles de sa famille à Montpellier ne sont pas bonnes. Son père, malade, supporte mal la séparation avec son fils qui s’occupait de lui avec beaucoup d’amour et de respect. Sa santé se dégrade», indique Hicham Barakat, acteur associatif à Oujda.

«Mon seul rêve est de pouvoir travailler et vivre enfin avec mon père et mon frère. Nous venions tout juste de trouver un petit appartement pour vivre ensemble, après des années de galère. Quand l’expulsion est venue tout casser !» déclare Hassan El Bouyahyoui.

En France plusieurs associations essayent de venir en aide à Hassan et exige son retour en France. On compte parmi elles le Comité de soutien de Hassan, RESF 34, la Cimade …

Rachid Hallaouy
Copyright Yabiladi.com

RESF développe une campagne publique d’information et de sensibilisation sur la question des jeunes majeurs sans papiers et des lois qui les fabriquent.

Cette campagne se déroulera sous plusieurs formes dont des affiches.

Alexandra et Verlain débutent la série des affiches.

D’autres visages viendront par la suite….

—> Il est aujourd’hui possible de lire de nombreux témoignages :

– dans ce livre publié par La Cimade et les Éditions Syros : Paroles clandestines. Les étrangers en situation irrégulière en France (2008).

– sur le site de Cette France-là.

– etc.

QUOTIDIEN

[…] notice d’information, signée du directeur de la police aux frontières (PAF) de Roissy-Charles-de-Gaulle. Cette note spécifie que s’opposer à une reconduite à la frontière « en incitant à faire débarquer une escorte policière ainsi que l’étranger reconduit hors des frontières françaises » est un délit passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 18 000 euros. Les oppositions aux expulsions d’étrangers en situation irrégulière se multipliant, une telle notice est, depuis 2007, de plus en plus systématiquement distribuée en salle d’embarquement par la PAF. […]

extrait de l’article Laetitia Van Eeckhout pour le journal Le Monde

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—> Complément d’information, cet article paru dans la revue Plein Droit du GISTI en mars 2004.

QUOTIDIEN

Le Golfe d’Aden

Durant les 11 premiers mois de 2007, plus de 26000 personnes ont payé entre 50 et 150 dollars pour effectuer cette traversée. Au moins 1030 sont mortes ou portées disparues, soit presque le double du total pour l’année 2006.

Cette semaine, 26 personnes ont été retrouvées mortes et 20 autres sont toujours introuvables.

Pour essayer de mesurer un peu l’ampleur de ce qui se passe dans ce Golfe et au Yémen, voici un extrait du dossier ASILE ET MIGRATION de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Je vous invite bien évidemment à lire l’intégralité.

Golfe d’Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l’Afrique – principalement des Somaliens et des Éthiopiens – quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d’une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu’à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d’Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d’une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D’autres se noient avant d’arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

L’UNHCR propose également un reportage photo :

—> Pour consulter les différents dossiers ASILE ET MIGRATION de l’UNHCR.

—> ACTUALISATION DE CE BILLET :

LE 10 OCTOBRE 2008 :Nouvelle tragédie dans le Golfe d’Aden

QUOTIDIEN

Tarifs de denrées alimentaires du quotidien en 2004 – comparatif des prix entre la Maison d’arrêt de Villepinte et le supermarché Auchan :

source : Augustin Rosenstiehl, Pierre Sartoux, Construire l’abolition, Urbsedition, École d’architecture Paris Malaquais, 2006.

D’après cette liste, les aliments cantinés en prison coûtent en moyenne 27 % plus cher que dans un supermarché.

Par exemple, le pain augmente de 11 % ; le beurre de 29 % ; le sel de 50 % ; le sucre de 18 % ; le riz de 42 % et les pâtes de 39 %.

Et combien gagne un détenu qui travaille ?

Il existe plusieurs types de travail en prison rémunérés différemment :

Rémunération journalière des détenus français en 2003

– Service général Classe 1 : 11,25 €

– Service général Classe 2 : 8,45

– Service général Classe 3 : 6,25

– Concession Maison d’arrêt : 16,12

– Concession Établissement pour peine : 24,24

– Gestion mixte : 17,7

RIEP : 21,9

source : Marc Baader et Evelyne Shea, « Le travail pénitentiaire, un outil efficace de lutte contre la récidive ? », Champ pénal, Champ pénal Champ Pénal / Penal Field, [En ligne], mis en ligne le 31 mai 2007

Le smic horaire NET depuis le 1er juillet 2008 étant à 6,84 € (smic horaire brut : 8,71€), pour une journée de 7 heures, la personne au smic perçoit environ 48 euros.

Les détenus gagnent donc entre deux fois et huit fois moins qu’une personne au smic.

Pour les revenus des français en général, je vous renvoie au très bon et très utile site de l’Observatoire de Inégalités.

—> À lire également :

… mais aussi : le numéro de juin 2005 de la publication Questions Pénales

QUOTIDIEN

Quatrième brochure du GIP attribuée à Daniel Defert et Gilles Deleuze en avril 1972 et co-signée avec le Comité d’Action des Prisonniers (C.A.P.) et l’Association de Défense des Droits des Détenus (A.D.D.D.)

“Chaque année, l’association internationale pour la prévention du suicide, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, organise, le 10 septembre, la journée mondiale de prévention du suicide. L’objectif de cette journée est de sensibiliser les communautés à la gravité du phénomène en tant que cause de décès prématurés et évitables. En France, près de 11 000 personnes se suicident chaque année (chiffre sous estimé d’environ 20 % en raison des modes de codification des décès, selon le centre d’épidémiologie sur les causes médicales du décès -CépiDc-). Cela représente globalement un taux de suicide de 2 pour 10 000. En prison, ce taux est environ 7 fois plus élevé“.

[extrait de l’éditorial du site prison.eu.org mise en gras par moi]

60% des suicidés en prison sont en attente de jugement, et donc présumés innocents, et un tiers a lieu pendant le premier mois de la détention.

La violence de l’incarcération peut en effet entraîner une lutte contre l’institution (révoltes, mutineries, agressions verbales ou physiques contre un agent représentant l’ordre pénitentiaire) mais peut aussi se retourner contre soi, comme dans les cas d’automutilations ou de suicides. Les suicides, tentatives de suicide, automutilations et grèves de la faim sont recensés par l’Administration pénitentiaire dans la rubrique « incidents de détention » aux côtés des agressions contre le personnel et des évasions. Cette classification atteste que l’Administration pénitentiaire ne distingue pas un mouvement revendicatif d’un acte de désespoir ou d’un problème de sécurité.

QUOTIDIEN

Voici deux reportages sur des maliens expulsés de France vers Bamako.

Le premier est un article construit autour de deux vidéos. Il décrit le travail de l’Association malienne des expulsés (AME), association créée en 1996 pour défendre le droit des migrants.

… récemment publié sur :

Et le second est une émission de radio diffusée sur France Inter le 11 avril 2008 , « Nous autres » par Zoé Varier :

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