ÉVÉNEMENT

 

 

21 AVRIL 2013

sortie nationale du long métrage documentaire de Valérie Osouf

L’IDENTITÉ NATIONALE

en DVD, VOD

et le 6 mai en streaming sur le site de Terra Nova

L'identité nationale

Résumé :

En France, depuis plus de 30 ans, les étrangers représentent environ 20% de la population carcérale alors que dans la société du dehors, leur pourcentage oscille entre 6 et 8%, faisant de la France l’un des derniers pays de l’OCDE en terme d’immigration.

L’Identité Nationale recueille une parole rarement entendue, celle d’anciens détenus étrangers ayant été condamnés à l’expulsion après la prison, et décrypte le rapport que l’État français entretient avec l’Étranger. Pourquoi l’Étranger est-il perçu comme une menace qu’il faut stigmatiser et contrôler ? Comment évolue la ligne de démarcation entre « eux » et « nous » ? Sommes-nous capables d’élaborer une politique d’immigration en rupture avec une racialisation qui ne dit pas son nom ?

Dans ce film, Valérie Osouf apporte des éléments de réponses et des outils pour réfléchir ces problématiques. L’Identité Nationale interroge en effet les fondements de notre propre identité française et cherche à redéfinir notre position de citoyen.

Bande annonce :

De nombreux entretiens inédits seront mis en ligne très prochainement sur le site du film. Et certains le sont déjà ! Il est déjà possible de lire l’intégralité des entretiens avec Alain Brossat, Éric Fassin et avec deux des cinq témoins du film, Zico et Rico.

Communiqué :

Communiqué DVD Identite Nationale

—> ABONNEZ-VOUS au  SITE du film et/ou facebook pour suivre l’actualité du film et être averti des nouvelles publications (mise en ligne de bonus vidéo, d’entretiens inédits, de documents complémentaires, etc)

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ÉVÉNEMENT

 

 

FIDEL, FESTIVAL IMAGES DE LA DIVERSITÉ ET DE L’ÉGALITÉ

DU 18 AU 21 OCTOBRE 2012

À LA CITÉ NATIONALE DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION

Pour sa deuxième édition, le FIDEL a sélectionné le documentaire de Valérie Osouf, l’Identité Nationale.

Vous êtes donc tous invités à sa projection le dimanche 21 octobre à 14h.

La projection sera suivie d’un débat autour de la mixité et de l’identité.

Voici le programme de ce dimanche :

14h00 : L’IDENTITÉ NATIONALE de Valérie Osouf (Documentaire inédit, France 2012, 1h35)

15h45 à 17h15 : Table ronde « Réflexions sur l’identité nationale » animée par la revue Hommes & Migrations en présence des cinéastes Valérie Osouf et Nicolas Ferran.

17h30 : Les amoureux au ban public de Nicolas Ferran (Documentaire, France 2011, 1h10)

19h00 : CLÔTURE Avant-première Rengaine de Rachid Djaïdani, en présence de l’équipe du film (Fiction, France 2011, 1h15)

—> pour consulter l’intégralité du programme du festival

FILM DOCUMENTAIRE

 

 

DIFFUSION DE “L’IDENTITÉ NATIONALE”

un film documentaire de Valérie OSOUF
du samedi 31 mars, 7h00 au lundi 2 avril, 7h00
sur Télérama.fr
dans le cadre du journal des cent voix

Étranger, Délinquant : ces deux termes seraient-ils devenus synonymes ?
Contrairement à l’effet d’annonce de Nicolas Sarkozy en 2003, la double peine existe toujours.
L’identité nationale
est construit autour d’une parole rarement entendue : celle d’anciens détenus étrangers ayant été condamnés à l’expulsion après la prison.

—> du samedi 31 mars à 7h du matin au lundi 2 avril à 7h du matin, diffusion de L’identité nationale sur : http://www.telerama.fr/tag/journal-a-cent-voix/

FILM DOCUMENTAIRE


 

NOIRS DE FRANCE

un film de PASCAL BLANCHARD et JUAN GELAS

Vous le savez, Détentions et rétentions carcérales soutient le prochain film documentaire de Valérie Osouf intitulé L’identité nationale. Nous vous proposerons donc dans les prochaines semaines plusieurs billets autour de ce documentaire : présentation des acteurs du film, questionnement sur une problématique du film, bonus en avant première, etc.

Ce film raconte le parcours de personnes étrangères sorties de prison, accompagnées à un moment donné par la Commission Prison de La Cimade afin de leur apporter un accès effectif à leurs droits. Certaines sont depuis en situation administrative régulière, d’autres toujours pas. Toutes ont en commun d’avoir connu l’univers pénitentiaire français et d’avoir vécu ou de vivre encore la peur de l’expulsion.

Non, la double peine n’a pas été abolie.

Ce site souhaite soutenir activement le projet de Valérie Osouf.

Cette réalisatrice possède une qualité indispensable pour ce type de documentaire où la parole est première : elle sait saisir les subjectivités et les retranscrire dans leur véracité. Je n’entends pas dire ici que le film est la retranscription vraie ou fidèle de ce que les acteurs du film ont voulu dire mais Valérie Osouf possède cette capacité d’écoute nécessaire. Elle sait s’effacer et laisser la parole.

Bien sûr, dans ce film, la réalisatrice souhaite aussi défendre son propos : la parole de ces personnes étrangères est aussi là pour nous interroger nous-mêmes.

Aussi, nous pourrons entendre aux côtés des 5 témoins qui guident la narration, plusieurs chercheurs dont les réflexions historicisantes et contextualisantes sont pertinentes et utiles à la conceptualisation des témoignages.

Et d’abord, Pascal Blanchard.

Chercheur au Laboratoire Communication et Politique du CNRS1, ancien chercheur associé au GDR 2322 du CNRS Anthropologie des représentations du corps (à Marseille), Pascal Blanchard co-dirige le Groupe de recherche Achac Colonisation, immigration, postcolonialisme depuis 1989.

Il a réalisé plusieurs expositions sur le thème de la colonisation et de l’immigration, dont Images d’empire (1996), L’appel à l’empire (1997) et Images et Colonies (1993). Il est spécialiste du « fait colonial », des immigrations des « Suds » en France, de l’imaginaire colonial et de l’histoire du corps.

Il a publié ou co-dirigé une trentaine d’ouvrages et revues sur ces thèmes et plusieurs séries d’articles, réalisé plusieurs documentaires télévisés (Les Zoos humains, Arte, 2002 ; Paris couleurs, France 3, 2005 ; Des noirs en couleur. L’histoire des joueurs afro-antillais et néo-calédoniens en équipe de France de football, Canal +, 2008)2 et a collaboré à plus d’une dizaine de films de fiction ou documentaires.

Il intervient régulièrement dans les débats et dans les médias, pour promouvoir un autre rapport du présent au passé colonial et à la relation à l’histoire des immigrations « des Suds » (coloniales et post-coloniales) en France.

source : wikipédia

Aujourd’hui avec Juan Gelas, Pascal Blanchard réalise un documentaire en 3 parties, accessibles pendant quelques jours sur le site de France 5, ou en diffusion direct sur la chaîne les dimanches 5, 12 et 19 février à 22h sur cette même chaine.

A voir absolument. 

Si vous ratez cette diffusion, vous pourrez aussi écouter Pascal Blanchard grâce à 3 autres vidéos sur La Représentation des Noirs et des Africains en France. 

(1/3) La Représentation des Noirs et des Africains en France

(2/3) La Représentation des Noirs et des Africains en France

(3/3) La Représentation des Noirs et des Africains en France

PROJET


DES VIES EN SPIRALES



Bonjour lecteurs, fidèles, réguliers ou du hasard.

Voici un billet un peu particulier aujourd’hui.

Il s’agit bien de relayer une information, comme souvent sur cette plateforme, mais cette fois-ci,  il s’agit de vous présenter un projet que « j’ai » lancé il y a quelques temps, modestement, toujours dans une volonté de faire savoir, de transmettre la parole de ceux qu’on entend si peu…

Ce projet est né suite à l’invitation d’Alain Brossat et d’Olivier Razac à participer à une table ronde sur « Punir en démocratie » dans le cadre du festival du film documentaire sur la prison à Agen organisé en janvier 2009. Étant à l’époque particulièrement active au sein de la Commission Prison de La Cimade, j’ai eu l’impression que les difficultés des personnes étrangères incarcérées (qui représentent tout de même près de 18% de la population pénale) n’avaient pas beaucoup été abordées.

J’ai alors pensé : pourquoi ne pas prévoir un court métrage sur ce thème pour l’année suivante ? Les choses ne se sont pas déroulées ainsi mais le projet a été lancé…

J’ai alors rencontré Valérie Osouf, réalisatrice de documentaire très engagée sur ces problématiques liées à la figure de l’étranger.

Grâce au soutien de La Cimade, nous pensions faire un court métrage autour de quelques personnes étrangères sorties de prison et qui avaient été suivies en détention et après leur peine par l’association dans le cadre d’un accès effectif au droit. Mais la richesse des entretiens menés par Valérie Osouf  et la pertinence de la parole des témoins nous ont poussés à aller plus loin : un long métrage est donc prévu.

Aujourd’hui, un frein se pose à nous : il nous manque de l’argent pour finaliser ce travail.

Autour de 5 personnes étrangères qui ont connu la prison, Valérie Osouf souhaite expliciter comment les étrangers en France connaissent la double peine. Au delà de l’incarcération, les personnes étrangères peuvent perdre leur titre de séjour en prison ou se voir expulsées en dépit des attaches familiales et amicales qu’elles ont en France.

Dans ce documentaire, la parole des témoins reste première. Des chercheurs et politiques viennent compléter cette parole sensible et vive. L’ensemble de ces entretiens vise à décrypter  les liens ténus entre trois institutions : Police, Justice, Prison.

Le projet est plus précisément explicité ici mais si vous avez des questions, n’hésitez pas à me solliciter pour en parler. N’hésitez pas par ailleurs à transférer cette information, à en parler autour de vous, etc.
Vous verrez tout type de participation est possible.

C’est ainsi que 5 euros par 5 euros, nous pourrons avancer. Et pour 10 euros, vous aurez même le droit à une place pour l’avant première !

Nous avons un beau projet, essentiel pour nous et pour nos témoins, et nous avons besoin de vous.

D’avance GRAND merci,

Plus en détails, voici le projet de Valérie Osouf.

Merci au site ulule

A propos

La France se targue encore d’être la mère – patrie des droits de l’homme.  Pourtant, son système judiciaire fonctionne à deux vitesses, selon que l’on soit riche ou pauvre mais aussi que l’on soit Français … ou pas.

Les étrangers représentent 18 % de la population carcérale en France. Que recouvre ce chiffre ? Que signifie-t-il ?

Parmi ces quelques 12 000 individus, certains viennent d’atterrir, parfois pour fuir des dangers dans leur pays, alors que d’autres ont fait leurs premiers pas en France.

Certains sont en prison parce qu’ils ont refusé d’embarquer vers un pays d’origine qu’ils connaissent parfois à peine, et partagent leur quotidien en cellule avec des criminels chevronnés.

Venus des quatre coins du monde ou voisins des mêmes banlieues, ils sont souvent regroupés dans des bâtiments à part, les bâtiments des étrangers, des sans papiers, les bâtiments au pied desquels la police de l’air et des frontières viendra les chercher à la sortie de leur détention, s’ils ne sont pas parvenus d’ici-là à régulariser leur situation administrative.

À travers le récit à nu de 5 étrangers sortant de prison, articulé avec des analyses de professionnels de la justice et de chercheurs et des échanges avec des personnalités politiques de tous bords opposées à la double peine, entremêlant archives de fiction et extraits d’actualité, poèmes et rushes en super 8, Des Vies en spirale démontre  le racisme institutionnel français en explorant un point aveugle des médias du pays qui compte pourtant le triste record européen du taux de suicide derrière les barreaux.

A quoi va servir le financement ?

Post Production : montage, étalonnage, mixage.

J’ignore si c’est en raison du contenu politique du film en cette période de campagne électorale, de son aridité formelle puisqu’il est basé sur la parole, ou encore d’erreurs dans la présentation de mon dossier mais le fait est que je ne parviens pas à être soutenue par les guichets traditionnels d’aide au cinéma pour ce film.

Voir aussi : http://www.granitfilms.com

A propos du porteur de projet

Valérie Osouf est réalisatrice de documentaires.

Après une licence d’Histoire, elle part vivre pendant cinq ans à Dakar où elle effectue un master de journalisme. Elle y exerce la profession de présentatrice – reporter radio, mais aussi des piges en free lance pour Le Monde et pour RFI.

Là-bas, elle réalise un film court sur les sourds démutisés et un documentaire (en 16mm) – produit par BFC – sur des « sans papiers » expulsés de France.

De retour à Paris, Valérie se forme en scénario à la Fémis, dans le cadre de l’atelier de Jacques Akchoti.

Depuis, elle travaille principalement sur l’identité post-coloniale.

Valérie a co-réalisé d’un documentaire historique, Cameroun :  Autopsie d’une Indépendance, diffusé sur France 5, la TSR et la RTBF, mais également à travers la France et l’Allemagne grâce à des associations comme AfricAvenir et Survie.

—> Les photos qui illustrent cette page sont l’oeuvre de Michel Semeniako que nous remercions chaleureusement.

PUBLICATION


ÉTRANGERS EN PRISON : À L’OMBRE DU DROIT

 

 

 

 

 

Le dossier du dernier numéro de Causes Communes, publication trimestrielle de La Cimade, traite des étrangers en prison.

En voici le sommaire :

 

 

Étrangers en prison,dans l’ombre du droit

C’est l’histoire d’une discrimination qui se passe derrière les barreaux. Du fait de la barrière de la langue, de la précarité de leur statut administratif ou de leur solitude, les étrangers et étrangères détenus voient leurs droits les plus fondamentaux niés et piétinés. Comme si la prison était le miroir grossissant d’une société où les étrangers n’ont pas les mêmes droits que les Français.

Actions :

Tour de paroles d’associations qui travaillent avec des étrangers et étrangères détenus, dedans ou dehors…

Portrait :

Rencontre avec le détenu Abdel Hafed Benotman, victime des ambiguïtés nées de la disparition apparente de la double peine.

En débat :

La double peine a-t-elle disparu ? Luis Retamal, juriste de La Cimade, Patrick Henriot, vice- président du Syndicat de la magistrature et Étienne Pinte, député des Yvelines reviennent sur cette question.

Parcours :

Dans la permanence étrangers-justice, Jean-Louis accompagne des hommes et des femmes en liberté conditionnelle ou ayant purgé leur peine. Il les accompagne dans leurs démarches pour les aider à rester en France et puis reconstruire leur vie, ici.

 

 

Ci-dessous, extrait de l’édito de Jérôme Martinez, secrétaire général de La Cimade :

 

Surveiller, assigner et enfermer, tel est toujours le crédo simpliste du gouvernement français, suivi par les Etats européens, pour tenter de répondre aux défis des migrations et par là même occasion détourner l’attention de l’opinion publique face à une crise économique et sociale majeure dont nous ne vivons sans doute qu’une étape.
Cette obsession sécuritaire marque de son empreinte ce projet de loi sur l’immigration, et elle imbibe également les discours, à l’image de la surenchère nauséabonde sur les Roms, l’identité nationale et autres thématiques inspirées de l’extrême droite, dont nous ne voyons pas d’autre conclusion possible que toujours plus d’intolérance et de racisme.
Face à ces défis, la Cimade doit amplifier sa parole publique, pour rappeler l’évidence que nous n’avons pas d’autre choix que celui de la générosité et de l’accueil de l’autre.
Mais elle doit bien sûr continuer à agir, présente dans tous les lieux où les droits doivent être défendus.
Parmi ceux-là, nous avons choisi pour ce numéro de Causes Communes de présenter l’action importante que mène la Cimade auprès des étrangers détenus. Moins connue et médiatisée que les centres de rétention administrative, la situation des étrangers dans les prisons françaises constitue pourtant un autre pan de cette mise à l’écart des indésirables, exclus parmi les exclus que constituent souvent les migrants. Partout en France, plus de 120 bénévoles écoutent, conseillent, orientent des personnes étrangères dont l’incarcération s’allie avec des situations juridiques souvent inextricables. En apportant notre assistance aux étrangers détenus, en développant la concertation entre les acteurs associatifs et institutionnels, nous prenons ainsi sa place dans le débat nécessaire sur le rôle de la prison dans notre société et plus largement sur le questionnement autour du rôle de l’enfermement comme mode de gestion des populations les plus précaires.

 

Ci dessous la parole de Caroline Bollati, responsable de la commission Prison à La Cimade : Traverser les murs

 

Récemment, une dame sortie depuis plusieurs mois de prison me demande : « Quand est-ce que j’aurai fini de purger ma peine ? Quand est-ce que ma famille aura fini de purger ma peine ? »

Entrée en France avec un faux passeport pour fuir son pays d’origine, cette dame a été condamnée à la prison et à une mesure d’expulsion. Depuis, elle a été reconnue réfugiée mais, à cause de cette mesure d’expulsion qui reste en vigueur, elle est assignée à résidence avec un titre de séjour provisoire de 3 mois. Dans cette situation précaire, il lui est aujourd’hui presque impossible de trouver un travail, un logement ou une formation. Certes elle a commis un délit pour sauver sa vie, mais elle a purgé sa peine. Aujourd’hui, elle en porte encore le poids, comme des milliers d’autres étrangers empêchés de reconstruire leur vie après un passage en prison.

Or l’emprisonnement quasi systématique de femmes, d’hommes et d’enfants est devenu un des outils de la politique d’immigration actuelle, criminalisant les étrangers et les étrangères, et les condamnant à rester au ban de la société. Contre cette mise à l’écart, 120 bénévoles de La Cimade entrent quotidiennement en prison pour y rencontrer des personnes étrangères incarcérées. Nous les conseillons, les informons sur leur droit ou non à rester en France et les aidons dans les démarches juridiques et administratives.

Fondé sur la conviction que toute personne a le droit de se défendre, le travail des équipiers de La Cimade n’est empreint d’aucun jugement ni sur la personne ni sur les motifs de sa condamnation. Toute personne doit avoir un accès effectif à ses droits, point. Qu’il soit prévenu ou condamné, français ou étranger, homme ou femme. Or, lors de nos visites en prison, nous constatons que les préfectures violent régulièrement les droits des étrangers et étrangères détenus, aussi infimes soient-ils, comme le droit de déposer une demande de titre de séjour ou une demande d’asile.

Pourtant, la prison n’est pas un lieu de non-droit ! La prison ne peut être considérée comme un trou dans l’espace temps ; un monde qui n’existerait pas vraiment, en dehors de notre société. Nous tous, en allant en prison, nous refusons cette idée.

Il faut que nous regardions nos prisons en face. Il est temps d’accepter que les prisonniers et les prisonnières font partie de notre communauté car ils reviendront parmi nous.

Ils doivent pouvoir se réinsérer dignement, qu’ils soient français ou étrangers, et les obstacles administratifs pour y réussir doivent être définitivement levés.

La lutte contre la récidive, thème si cher aux yeux de tous, ne pourra être efficace qu’à partir de la prison. À la sortie, il est déjà trop tard. Le temps passé en prison ne devrait donc pas être un temps mort mais être utilisé pour préparer le retour dans la communauté en s’en donnant les moyens.

En traversant les murs de la prison, nous apportons un peu d’humanité et de solidarité aux personnes étrangères emprisonnées. Traverser les murs, c’est s’engager à être un pont entre le dedans et le dehors et ainsi rapprocher ces deux mondes. En dialogue avec les institutions et les autres intervenants, nous tentons ainsi de proposer un regard citoyen et pragmatique sur les questions carcérales.

Nous ne pouvons plus longtemps accepter que les plus pauvres, les plus faibles, les plus démunis d’entre nous, les personnes étrangères, subissent l’arbitraire.

Nous ne pouvons accepter que leurs droits fondamentaux ne soient pas garantis.

Nous ne pouvons plus longtemps tolérer la double peine que ces hommes et femmes subissent derrière les murs.

 

 

—> Lire les travaux d’Orianne Tercerie sur « La surreprésentation des étrangers dans les prisons françaises : du constat des faits à l’euphémisation de la question » datant de 2007.

—> Un numéro de la revue Dedans dehors de l’OIP et un numéro de la revue Plein Droit du GISTI sont consacrés au sujet.

ÉVÉNEMENT


FOUCAULT 71


 

Michel Foucault est décidément inoxydable, qui fouilla sa vie durant les relations complexes entre réel et discours, pouvoir et subjectivité. Pour habiter plus librement notre étrange pays, cinq jeunes femmes de théâtre se sont emparées de ses textes, manifestes et interviews, elles ont rencontré moult chercheurs, militants et prisonniers, elles se sont inventé en collectif leurs propres règles du jeu, pour concevoir ce « feuilleton théâtral » en trois épisodes, aussi impertinents qu’énergisants.

 

FOUCAULT 71 / durée 1h35

spectacle qui a reçu le prix du jury du Festival « Impatience » 2009 de l’Odéon

conception, mise en scène, scénographie et interprétation Sabrina Baldassarra, Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis, Lucie Nicolas lumières Frank Condat et Daniel Lévy.

>>>> Où l’on verra Michel Foucault s’engager avec d’autres intellectuels, à travers trois « affaires » de l’année 1971, pour la cause des prisonniers, contre la désinformation policière et le racisme dans la Goutte d’or …

 

LA PRISON / durée 1h10

conception, mise en scène et interprétation Sabrina Baldassarra, Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis, Lucie Nicolas scénographie Daniel Lévy et le collectif F71 lumières Frank Condat et Daniel Lévy.

>>>> Où l’on verra Foucault analyser le fonctionnement de la prison pour mettre au grand jour les rapports de pouvoir à l’œuvre dans notre quotidien…

 

QUI SUIS-JE MAINTENANT ? / durée 1h30

création, mise en scène et interprétation Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis, Lucie Nicolas musique et interprétation Fred Costa assistanat à la mise en scène Estefania Castro scénographie Denis Gobin, Magali Murbach et le collectif F71 lumières Denis Gobin costumes Magali Murbach.

>>>> Où l’on verra (à partir de La vie des hommes infâmes) un Foucault amoureux de l’archive révéler la force des mots sur les vies.

 

 

—> bande-annonce de Foucault 71

—> coulisses du spectacle http://theatredelaquarium.tumblr.com

—> interview de Lucie Nicolas et Sara Louis à propos de l’épisode La prison, réalisé par Laurent Jacqua pour le blog En vue sur la prison.