ÉVÉNEMENT


7 JOURS CONTRE LA PEINE DE MORT – Du 4 au 10 octobre 2010

À l’occasion de ses 10 ans et de la 8e Journée mondiale contre la peine de mort, Ensemble Contre la Peine de Mort organise la première semaine contre la peine de mort. Du 4 au 10 octobre, l’Ile de France sera le lieu de conférences, débats, interventions dans les écoles, manifestations, expositions… pour dire et redire à tous les publics l’horreur de la peine capitale et faire avancer l’abolition universelle.

—>  le 10 OCTOBRE = FLASH MOB contre la peine de mort.

—> Téléchargez le programme détaillé de ces 7 jours organisés par ECPM

—> exposition « La peine de mort en France de la Révolution à l’abolition » sur le très bon site criminocorpus.

—> Dossier de la documentation française sur l’abolition de la peine de mort en France (dossier de 2002).

ÉVÉNEMENT

10 OCTOBRE 2009

7ème JOURNÉE DE L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT :

ÉDUQUER À L’ABOLITION

JourneemondialeABOLITION

À l’initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort La 7e Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2009 est consacrée au projet « Eduquer à l’abolition ». Une animation publique aura lieu à Paris à l’appel de plusieurs organisations : Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM), Amnesty International France, ACAT, Le Collectif Mumia Abu Jamal, La Ligue des droits de l’Homme.

Au programme, place de la Sorbonne :

11h : Exposition « Sur les chemins de l’abolition universelle », débats, signature de pétitions ;

13h : Plaidoiries autour de l’argumentaire abolitionniste par Arié Alimi et Victor Zagury, avocats ;

13h45 : Témoignage de mineurs condamnés à mort présentés par de jeunes militants.

16h : Lancement du livre « Il n’y a pas de manière humaine de tuer » (« No Human way to kill ») de Robert Priseman. Avec la participation et le témoignage de Cathy Harrington, américaine, qui malgré l’assassinat de sa fille, refusa la condamnation à mort de son assassin et milite depuis pour l’abolition (Café Le Sorbon, 60 rue des Ecoles, 75005 Paris).

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La Coalition mondiale contre la peine de mort, dont ECPM assure le secrétariat exécutif, a institué le 10 octobre pour célébrer la Journée mondiale contre la peine de mort. La première édition de cet événement annuel a eu lieu en 2003. La Journée mondiale contre la peine de mort a été officialisée par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en 2007.

Comme tous les ans depuis 2003, des initiatives se dérouleront dans le monde entier. Sur les cinq continents, pétitions, tables rondes, débats et expositions sont prévues. Pour consulter le programme complet des manifestations, connectez-vous sur : www.worldcoalition.org

CONTACT :

Charlotte Dargent

Chargée d’action « Eduquer à l’abolition » à ECPM

Tél : 06.79.65.10.50

E-mail : cdargent@hotmail.fr

ECPM

3, rue Paul Vaillant Couturier – 92320 Châtillon

Tél : 01 57 63 03 57

Fax : 01 57 63 89 25

—> Télécharger le guide pédagogique pour « éduquer à l’abolition » – à l’attention des professeurs d’élèves de 14 à 18 ans.

Carte du statut de la peine de mort dans le monde.

LÉGENDES :

Bleu: Supprimée pour tous les crimes
Vert: Supprimée sauf pour les crimes commis dans des circonstances exceptionnelles (ex: temps de guerre)
Orange: Supprimée en pratique
Rouge: Peine légale

—> Je vous renvoie également un an auparavant : le 09 octobre 1981, la peine de mort fut abolie en France.

INFORMATION

LE NOUVEAU MEXIQUE ABOLIT LA PEINE DE MORT !

Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique a finalement promulgué mercredi 18 mars 2009 la loi abolissant la peine de mort dans son État.


Cette décision intervient après l’adoption, le 14 mars dernier, par le Sénat du Nouveau-Mexique du texte abolissant la peine capitale par 24 voix contre 18. En février, la Chambre des représentants de l’État avait approuvé, par 40 voix pour et 28 contre, le projet de loi visant à abolir la peine de mort et à la remplacer par le prison à vie sans possibilité de libération.
Ultime décisionnaire du processus législatif, M. Richardson pouvait encore opposer son véto et refuser de promulguer la loi. « Aujourd’hui marque la fin d’un long parcours entre le sujet de la peine de mort et moi. Pendant toute ma vie d’adulte, j’ai cru avec fermeté que la peine de mort était un châtiment juste, dans des cas très rares, et seulement pour les crimes les plus abjects. Je le pense toujours », a-t-il ainsi précisé dans son communiqué officiel, « mais il y a six ans, lorsque j’ai pris mes fonctions de gouverneur de l’État du Nouveau-Mexique, j’ai commencé à remettre en cause mes opinions sur la peine de mort ».

« Des innocents ont été mis dans le couloir de la mort »
Le gouverneur a ensuite soulevé un point important du débat abolitionniste outre Atlantique. Il a expliqué que depuis qu’il était devenu gouverneur il savait qu’il serait un jour confronté à ce choix : signer une loi abolitionniste ou signer l’arrêt de mort d’un condamné. « Quelle que soit mon opinion sur la peine de mort, je n’ai pas suffisamment confiance dans le système judiciaire dans son fonctionnement actuel, pour être l’arbitre final lorsqu’il s’agit de décider qui meurt et vit après un crime. Si l’État doit prendre cette décision extraordinaire, le système doit être parfait et ne peut jamais se tromper». Et M. Richardson a précisé « Les analyses d’ADN l’ont prouvé. Des innocents ont été mis dans le couloir de la mort dans tout le pays ».
Autre point émergeant du débat qui anime l’opinion publique américaine, les partisans de l’abandon de la peine de mort faisaient valoir qu’imposer une détention à perpétuité réelle au lieu de procéder à des exécutions ferait économiser plus d’un million de dollars par an au Nouveau-Mexique.
Le Nouveau Mexique, qui n’a exécuté qu’une seule personne depuis 30 ans, est le 15e État abolitionniste des États-Unis.

Source :Ensemble Contre la Peine de Mort

Suite à cet événement, il nous semble pertinent de rappeler la situation aux États-Unis.

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Malgré tout :

Un nombre croissant d’États américains s’interrogent de plus en plus ouvertement sur la pertinence du maintien de la peine capitale dans leurs systèmes judiciaires. Depuis 1999, année du lugubre record du plus grand nombre d’exécutions dans le pays depuis 1976, ce chiffre est en nette diminution. Même au Texas, l’État américain qui exécute le plus !

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ETC.

Quelle est donc la situation dans les autres États ?

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Carte du statut de la peine de mort par état aux États-Unis

LÉGENDES :

Bleu: Pas de peine de mort
Orange: Peine de mort déclarée anticonstitutionnelle (La cour supreme du Kansas a declarée que la peine de mort EST constitutionnelle par un vote le 26 juin 2006.)
Vert: Pas d’exécution depuis 1976
Rouge: Ont procédé a des exécutions depuis 1976

De même, il n’est pas inutile de revenir sur le statut de la peine de mort dans le monde.

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Carte du statut de la peine de mort dans le monde

LÉGENDES :

Bleu: Supprimée pour tous les crimes
Vert: Supprimée sauf pour les crimes commis dans des circonstances exceptionnelles (ex: temps de guerre)
Orange: Supprimée en pratique
Rouge: Peine légale

PUBLICATION

LA PEINE DE MORT DANS UNE SOCIÉTÉ DU « FAIRE-VIVRE »

La peine de mort en France a été abolie le 9 octobre 1981 par la loi n° 81-908.

En 2007, à l’occasion du 3ème congrès mondial contre la peine de mort, j’ai participé à une journée d’étude organisée par l’antenne jeune d’Amnesty International et le Génépi d’Amiens.

En ce 9 octobre, j’ai pensé vous transmettre ma communication orale sur La peine de mort dans une société du « faire-vivre ».

En voici l’introduction (texte tel que je l’ai présenté à l’oral, dans un style par conséquent… oral) :

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La peine de mort est, nous le savons, un sujet très controversé. Si dans les civilisations anciennes il est courant de penser que tout meurtrier mérite la mort, il est également courant de défendre l’idée de respecter le droit à la vie. De même, la notion du pardon s’inscrit dans une tradition très ancienne. C’est l’idée contenue par exemple dans le « Tu ne tueras point » du Décalogue. Les réticences à l’égard de la peine de mort ne sont donc pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, récentes. Le combat pour l’abolition n’est pas un combat spécifique à notre modernité même s’il s’est largement, il est vrai, développé en Europe depuis trois siècles.

Cette pratique n’est pas un invariant historique. La peine de mort n’a pas existé en tout lieu et en tout temps, ni de la même manière. La législation et la pratique judiciaire varient d’une période à une autre et la peine capitale est appliquée pour des raisons différentes et selon des fréquences inégales.
La peine de mort est un châtiment, le châtiment capital, dont la pratique est déterminée par de multiples conjonctures : religieuses, politiques, juridiques, sociales, économiques et bien évidemment techniques : le gibet n’est pas la guillotine et la guillotine n’est pas l’injection létale.

Les partisans de la peine de mort évoquent différents arguments en faveur de son maintien ou de son rétablissement. Parmi ces arguments, nous pouvons en citer trois : celui de la juste rétribution, celui de la dissuasion et celui de l’incapacité.

Pour ma part, je voudrais dans cet exposé réfléchir sur les arguments en faveur de son abolition. Notre propos se situera principalement dans une perspective française mais il est certain également que les diverses interrogations qui se poseront à nous vont nous mener sur des problématiques d’ordre plus général et il est à peu près certain enfin que dans notre parcours nous rencontrerons les États-Unis.

Dans un premier moment donc, nous aborderons l’argument de « l’intolérable ». Depuis la fin du XVIIIème siècle essentiellement, la peine de mort en France suscite de vives réactions et de nombreuses controverses. Les partisans de son abolition s’opposent à ce châtiment par souci d’humanité. En effet, au nom de quels principes une Justice s’attribue-t-elle le droit de tuer un homme ?

Dans un deuxième temps, au delà du sentiment d’intolérable que la peine de mort peut provoquer, nous montrerons son incohérence dans un système juridico-pénal qui pose comme principe premier « l’amendement du condamné ». Comment comprendre, en d’autres termes, que la peine de mort puisse fonctionner dans une société du « faire vivre ».

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—> Et vous pouvez retrouver l’intégralité de cette intervention sur le site de prison.eu.org.