ÉVÉNEMENT

EXPOSITION :

VIVRE SANS PAPIERS EN EUROPE

par OLIVIER JOBARD et MÉDECINS DU MONDE

du 4 AU 21 février 2010

Place de la Bastille, Paris

L’exposition Exil, Exit ? lève le voile sur la réalité des personnes sans-papiers. Elle constitue un témoignage inédit sur les conditions de vie, le parcours et l’état de santé de ces personnes parmi les plus exclues et les plus discriminées en Europe. L’exposition Exil, Exit ? interpelle et donne à réfléchir sur les notions d’exil, d’errance et de survie.

A travers les témoignages de vies recueillis par l’enquête de l’Observatoire européen de l’accès aux soins (éditée par Médecins du Monde fin 2009), l’exposition met en lumière la cascade d’obstacles que rencontrent les sans papiers pour accéder aux systèmes de santé de nos pays européens et montre que tous les voyants qui influent sur la santé sont au rouge.

-> De nombreux obstacles pour accéder à la prévention, aux soins et à une couverture maladie.

Lois restrictives et disparates en Europe, manque d’information, barrières administratives, pratiques discriminatoires : une succession d’obstacles qui entrave l’accès aux soins des sans papiers.

80% n’accèdent pas à une prise en charge financière de leurs soins

65% ont au moins un problème de santé dont le traitement est souhaitable aux yeux des médecins

Conséquence inquiétante : nombre d’entre eux renoncent à se faire soigner.

70% des personnes sont confrontées à des obstacles pour se faire soigner

60% affirment qu’il leur arrive de limiter leurs déplacements par peur d’être arrêtées

41% des sans-papiers renoncent à avoir recours aux soins

-> Des femmes enceintes et des enfants mineurs sans protection

Seules 48% des femmes enceintes sont suivies pour leur grossesse

18% d’entre elles ont subi un refus de soins lors de leur grossesse

1/3 des parents ont du renoncer aux soins pour leurs enfants

-> Conséquence: des personnes peu ou pas soignées

72% des problèmes de santé des sans papiers sont peu ou pas du tout traités

Ce manque de réponse aux besoins les plus élémentaires entraîne la détérioration de l’état de santé des populations les plus fragiles, et contredit les objectifs de santé publique affichés par ces pays

—> Visiter le site de l’exposition.

—> CONTACTS :

PRESSE
Sophie van Baren  – 06 79 95 62 62  – svanbaren@yahoo.fr
Geneviève CLIQUET – 06 07 500 567 – gcliquet@yahoo.fr

Médecins du Monde :

Florence Priolet & Annabelle Quénet
01 44 92 14 31 / 14 32 – 06 09 17 35 59
infomdm@medecinsdumonde.net

COMMUNIQUÉ

CALAIS NO BORDER CAMP

camp no border

Du 23 au 29 juin à Calais se tiendra un camp pour la liberté de circulation pour tous et toutes et la fin des frontières et des contrôles migratoires / From 23th to 29th of june in Calais will be held a camp for freedom of movement for all and an end to borders and to all migration controls

Great demonstration on the 27th of june in Calais! / Grande manifestation à Calais le 27 juin !

Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs françaisEs et belges, et des groupes de soutien français en coopération avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens avec les communautés de migrantEs, contribuer à développer les liens entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités sur le  terrain pour protester contre la répression croissante contre les migrantEs et les militantEs de la région. Le camp aura lieu dans le parc de la rue Normandie-Niemen dans l’est de Calais.

Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNes, entre avec et sans papiers.

Nous nous situons dans la ‘tradition’ des camps No Border organisés dans le monde entier depuis une quinzaine d’années, à Strasbourg en 2002, en Angleterre en 2007, à la frontière américano-mexicaine ou en Ukraine en 2007, et nous sommes en lien avec le camp No Border de Lesbos d’août 2009… ChacunE est conviéE à se joindre au camp pour discuter et débattre de la question des frontières et de la liberté de circulation et d’installation, à imaginer et participer à des actions symboliques, vivre collectivement avec les migrantEs du Calaisis et les militantEs et participer à la grande manif du samedi 27 juin !

—> Télécharger l’appel.

—> Consulter le programme.

PUBLICATION

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LES MIGRATIONS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE EN EUROPE : UN ESSOR LIMITÉ

Par David LESSAULT et Cris BEAUCHEMIN

Population et sociétés, N°452, janvier 2009

QUESTION :

L’immigration subsaharienne en France retient souvent l’attention. Mais quelle est réellement son ampleur ? Exploitant les différentes statistiques disponibles, David Lessault et Cris Beauchemin montrent que l’immigration d’origine subsaharienne, malgré sa forte progression dans les dernières décennies, reste encore très minoritaire dans l’ensemble de l’immigration en France ou en Europe, que l’on considère les entrées annuelles de migrants (les flux) ou la population immigrée (les stocks).

RÉSUMÉ :

Les immigrés originaires d’Afrique subsaharienne n’étaient que 20 000 en France au moment du recensement de 1962, contre 570 000 en 2004, soit une multiplication par 27 en un peu plus de 40 ans. L’augmentation est certes importante, mais on partait de très bas, si bien qu’en 2004 les Subsahariens ne représentent qu’un peu plus d’un dixième de l’ensemble des immigrés en France (12 %). La prise en compte des migrants irréguliers ne modifie pas ce constat : les inclure fait, au maximum, passer la part des Subsahariens de 9 à 11 % de l’ensemble de la population immigrée en France en 1999. Par ailleurs, minoritaires en France, les Subsahariens le sont aussi dans les autres grands pays d’immigration. En 2000, ils forment seulement 4 % des immigrés installés dans les pays de l’OCDE. Et même dans les nouvelles destinations européennes que sont l’Espagne ou l’Italie, ils ne représentent que moins de 10 % de la population immigrée irréguliers compris (4 % en Espagne et 8 % en Italie en 2006). En réalité, les Africains migrent peu en dehors de l’Afrique. Neuf réfugiés subsahariens sur dix restent sur le continent et s’installent dans un pays voisin du leur. Presque à égalité avec l’Asie, l’Afrique subsaharienne est le continent où la propension à émigrer vers les pays de l’OCDE est, de loin, la plus faible du monde (en 2000, moins d’une personne née en Afrique subsaharienne sur 100 vit dans un pays de l’OCDE).

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SOMMAIRE :

* Une minorité des immigrés, même en incluant les irréguliers

* Les Subsahariens migrent peu en dehors de l’Afrique

* La majorité des réfugiés reste en Afrique

* Les nouveaux pays de destination en Europe : des havres pour « clandestins » subsahariens ?

—> Télécharger la documentation.

—> À lire à ce propos l’article « Immigration africaine : une goutte d’eau selon l’Ined » de Catherine Coroller publié sur son blog Hexagone.

ÉMISSION RADIO

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Il y a quelques jours, j’ai ré-écouté cette émission, « L’économie en question », diffusée le 28 avril 2008 sur France Culture.

Dans ce programme, la question posée est la suivante :

« L’économie française dépend-elle de la main d’oeuvre immigrée? »

Cette émission est intéressante à plus d’un titre bien sûr (les relations multiples et complexes entre économie et immigration) mais, à mon sens, elle l’est plus encore pour une raison bien précise : simplement et modestement, les intervenants déconstruisent une série d’évidences qui ne le sont pas, renversent un ensemble de préjugés et énoncent plusieurs abbérations, entendues au quotidien, fausses et souvent dangereuses car empreintes de xénophobie ; par exemple, « la France est un pays d’immigration massive ».

Et la liste est longue…

CLIQUER POUR TÉLÉCHARGER L’ÉMISSION, france-culture

BONNE ÉCOUTE !

(si vous avez un souci pour télécharger l’émission, faîtes le moi savoir,

j’essaierai de réparer cela au plus vite…)

 

Je vous propose donc ci-dessous un « index » de l’émission :

0’32 – 2’10 : Extrait d’« Un goût de miel » de Dominique Rousset, édition du seuil, 2008.

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2’23 – 3’20 : Présentation des invités.


Hervé Lebras.  Démographe, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et Fellow du Churchill College (Cambridge).

El Mouhoub Mouhoud.  professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine et enseigne à l’IEP de Paris. Spécialiste d’économie internationale.

[j’ai coupé la rubrique hebdomadaire de l’émission sur « le tour de l’actualité de la semaine »…

d’où la transition qui peut sembler étrange à l’oreille…]

 

3’28 : présentation de l’émission.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux salariés sans papiers sont en grève, soutenus par les patrons et les syndicats.
De nombreuses questions se posent : Y a-t-il une pénurie de main d’oeuvre ? La France devra-t-elle accueillir des travailleurs immigrés pour relancer sa croissance et soutenir son économie ?

4’35 : Olivier Pastré nous livre 5 aberrations et les démonte rapidement.

1) La France est un pays d’immigration massive

2) Qui dit immigration, dit augmentation de la fécondité

3) L’immigration entraîne le chômage

4) Qui dit immigration, dit hausse des impôts

5) La pression de l’immigration se fera de plus en plus forte

 

 

6’55 : Est-ce que l’économie française dépend de la main d’oeuvre immigrée ?

Hervé Le Bras rappelle l’existence des listes de métiers ouverts et fermés aux immigrés, ressortissants européens ou non (pays tiers). (17’55)
Des accords bilatéraux sont en effet signés avec différents pays : le Sénégal, le Gabon, le Congo, le Bénin, la Tunisie. (et aujourd’hui le Mali ?).

Hervé Le Bras insiste sur une différence qu’il estime fondamentale entre l’Angleterre et la France (16’00). La comparaison semble d’autant plus pertinente que l’immigration est très forte en Angleterre. En effet, l’Angleterre a ouvert tous les métiers à l’immigration des nouveaux pays membres.

[en complément d’info, voici une carte des soldes migratoires dans le monde]

 

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Une nouvelle « aberration » est alors évoquée : l’idée du travail ciblé (17’20).
Cela décourage tout candidat à l’immigration qui se sent, par ces listes de métiers, traité comme un objet. La politique anglaise au contraire consiste non pas à importer du travail mais à importer des êtres humains de valeur et de compétences qui vont circuler dans l’économie (17’00).

 

25’00 : Hervé Le Bras résume parfaitement la problématique développée dans cette émission en une phrase :

« La xénophobie va finir par nous coûter très cher économiquement ».

Effectivement, dans toute l’Afrique et au delà, aujourd’hui, on sait de plus en plus comment sont traités les étrangers, les immigrés en France.

 

26’30 : la guerre mondiale des brain drain.

Les flux migratoires se stabilisent et l’immigration qualifiée est en hausse. Elle est de 30% aux États-Unis, de 12% en Angleterre et de 9% en France.
En France, le taux est faible car les politiques migratoires ne facilitent pas ni ne valorisent l’immigration professionnelle.
Les intervenants semblent également s’accorder sur l’idée que plus les gens sont libres de circuler, plus ils auront une incitation à créer des entreprises.

 

 

32’05 : une étude de Smaïn Laacher sur Sangatte.
Son étude montrait que 56% des gens de Sangatte avaient le niveau BAC et beaucoup d’entre eux parlaient plusieurs langues, et souvent très bien l’anglais.
En réalité, la France est le pays de l’OCDE qui a la plus forte proportion d’immigrés ayant le plus faible niveau de formation, le niveau au-dessous du secondaire, avec environ 51%… contre 27% en Allemagne et 13% aux États-Unis par exemple.

 

35’00 : Olivier Pastré revient sur 4 types de préoccupations.

1) Il faut lutter contre l’immigration clandestine au niveau européen

2) N’est-il pas absurde qu’il y ait des métiers fermés aux étrangers en France (entre 6 et 8 millions d’emplois qui ne peuvent être pris et, en particulier, dans l’administration.

3) Quid en matière d’accueil et d’intégration ?

4) Quid en matière de retour au pays ?

 

 

36’35 : Quelques solutions sont apportées.

1) Régulariser la main d’oeuvre présente en France.
Nicolas Sarkozy disait aux patrons d’embaucher des immigrés en situation régulière qui sont, pour 22%, au chômage. Or, les métiers en question ne correspondent pas et les régions non plus.

2) Favoriser une liste de qualifications, de compétences (mesurables en fonction de la formation, de l’expérience professionnelle, etc) contre une liste de métiers. Pourquoi ne pourrait-on pas changer de métiers ?

CLIQUER POUR TÉLÉCHARGER L’ÉMISSION, france-culture

BONNE ÉCOUTE !

(si vous avez un souci pour télécharger l’émission, faîtes le moi savoir,

j’essaierai de réparer cela au plus vite…)

 

ÉVÉNEMENT

journee-internationale-des-migrants

Proclamation de la journée internationale des migrants

L’Assemblée générale,

Encouragée de voir la communauté internationale animée d’une volonté toujours plus ferme de veiller à ce que les droits de l’homme de tous les migrants soient pleinement et efficacement protégés, et soulignant que des efforts supplémentaires doivent être faits pour assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales de tous les migrants,

… Décide de proclamer le 18 décembre Journée internationale des migrants…

cafe-babel1

nous apprend qu’en Europe 63% des demandes d’asile sont rejetées.