PUBLICATION

 

 

LIVRE BLANC DE L’ASSOCIATION PRIMO LÉVI

« SOIGNER LES VICTIMES DE TORTURE EXILÉES EN FRANCE »

Fruit d’un travail collectif mené par des médecins, des psychologues, des chercheurs, des responsables associatifs… le Livre blanc est le premier état des lieux sur la prise en charge et le soin des personnes victimes de torture exilées en France.

Son objectif est de sortir de l’ombre ces hommes, femmes et enfants réfugiés dans notre pays et de formuler des propositions concrètes aux décideurs politiques et aux professionnels de la santé pour une prise en charge adaptée. L’importance numérique de cette population – plus de 100 000 personnes concernées – la spécificité de ses troubles, et donc des dispositifs à mettre en place, en font un enjeu de santé publique.

Recommandations en faveur d’une prise en charge adaptée [par Amnesty International France]

Face à cet enjeu de santé publique et fort de son expérience dans l’accueil et le soin des personnes victimes de torture depuis 1995, le Centre Primo Levi formule dans son Livre blanc différentes recommandations.

Elles concernent notamment l’élargissement des politiques publiques en direction des migrants. Actuellement ces politiques sont majoritairement orientées vers la prévention et le soin des maladies infectieuses. Des programmes spécifiques concernant la santé mentale doivent être développés et notamment des programmes de recherche.

Le Centre Primo Levi place également au centre de ses revendications le soutien des centres de soins et des consultations spécialisées qui assurent une prise une prise en charge pluridisciplinaire englobant l’ensemble des symptômes : ceux causés par les traumatismes de la torture mais aussi par l’exil, la perte de repères, les souffrances dues à l’exclusion et l’extrême précarité. Sur-sollicités, saturés seul 5 centres spécialisés existent sur tout le territoire français. Lieux incontournables de transmission des pratiques et des savoirs, ils ne parviennent à prendre en charge que 6 000 personnes en France.

L’adaptation et le renforcement des structures de droits commun (PASS, CMP, CMPP) et de leurs moyens notamment en locaux, personnels, formation, accès à l’interprétariat sont également une priorité, de même que la formation des professionnels de santé, notamment les médecins généralistes.

Enfin, dans un contexte de durcissement des conditions d’accueil des réfugiés en France où le sujet de l’immigration a été instrumentalisé par les politiques, il est urgent de créer des conditions adéquates au soin, en garantissant l’accès au logement, à l’assurance maladie et aux minimums sociaux permettant l’autonomie de ces personnes.

La torture et la violence politique s’attaquent à l’intégrité de la personne mais aussi aux liens sociaux, constituant une menace pour l’ensemble de nos sociétés. La capacité à faire confiance à l’autre et à soi-même est atteinte. L’expérience montre l’importance pour les personnes victimes de torture, dont les repères ont été bouleversés par la violence intentionnelle, de trouver un espace institutionnel pour les accueillir et reconnaître leur souffrance.

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