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COMMENT LIRE SURVEILLER ET PUNIR AUJOURD’HUI ?

surveiller et punir, 1975

Tout d’abord, il est important de préciser qu’il n’y a pas une seule lecture de Surveiller et punir. Tout ouvrage peut être lu et interprété différemment. Surveiller et punir comme les autres et bien plus qu’un certain nombre…

Surveiller et punir est un livre difficile à cataloguer : Est-ce une étude philosophique ou un livre d’histoire ? Est-ce une analyse des 18ème et 19ème siècles ou un diagnostic de la société des années 1970, date de publication de l’ouvrage ? Difficile à dire…

Quelles lectures allons-nous proposer aujourd’hui ?
Tout d’abord, il est important de lire Surveiller et punir comme ce qu’il est au premier abord à savoir, une histoire de la naissance de la prison ou encore comme l’histoire d’une mutation, qui s’est produite aux 18ème et 19ème siècle, celle de la punition à la surveillance.

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Mais si Surveiller et punir est une histoire parmi d’autres, elle n’est pas vraiment une histoire comme les autres. D’une part, c’est une histoire historiquement datée, publiée en 1975, dans un contexte particulier. (voir à ce propos nos précédents papiers sur l’histoire du GIP) En effet, de nombreuses révoltes ont lieu dans les prisons françaises, durant l’hiver 1971-1972 puis pendant l’été 1974. D’autre part, Surveiller et punir est construit selon une méthodologie bien particulière : par exemple, pour démontrer sa thèse, Foucault n’hésite pas à choisir délibérément ses documents. Enfin, Surveiller et punir n’est pas une simple histoire de la naissance de la prison : au delà, elle est une généalogie du pouvoir disciplinaire.

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Ensuite, il sera essentiel de proposer une dernière lecture, une lecture « d’usager », c’est-à-dire lire Surveiller et punir comme un outil à penser, à penser autrement et à penser autre chose. Il suffit d’ailleurs d’évoquer la dernière phrase de Surveiller et punir.

J’interromps ici ce livre qui doit servir d’arrière-plan historique à diverses études sur le pouvoir de normalisation et la formation du savoir dans la société moderne.

Par exemple, Surveiller et punir a permis, par ses exigences méthodologiques, de penser différemment l’histoire. Selon les témoignages de Michèle Perrot ou d’Arlette Farge par exemple, ou plus récemment de Philippe Artières, Foucault semble avoir ouvert la voie pour une nouvelle grille de lecture historique de la prison et de l’univers carcéral.

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—> Ce papier est tiré de la présentation que j’ai faite lors du séminaire organisé par Alain Brossat à la Msh-Paris Nord sur les « Usages et pratiques de Foucault » (séance du 11 décembre 2008 en compagnie d’Olivier Milhaud, géographe ; je ne présente ici que mes propos).

—> Vous pouvez télécharger l’intégralité de cet article.