RAPPORT

RAPPORT INTERNATIONAL SUR LA PRÉVENTION DE LA CRIMINALITÉ ET LA SÉCURITÉ QUOTIDIENNE

Le premier Rapport international sur la prévention de la criminalité et la sécurité quotidienne: tendances et perspectives offre aux décideurs, praticiens, membres de la société civile et chercheurs spécialisés une analyse synthétique de la situation de la prévention et de la sécurité quotidienne dans le monde.

Ce rapport est le résultat d’un travail effectué par le Centre International pour la prévention de la criminalité entre mai 2007 et juin 2008. Il est, comme le nom de ce Centre peut le laisser entendre, entièrement consacré à la prévention. Une première partie est consacrée aux « enjeux de sécurité quotidienne » et une seconde à « la prévention de la criminalité » et à la description des « tendances émergentes ».

La comparaison des tendances de la criminalité à l’échelle internationale est rendue particulièrement difficile par le manque de données ou leur faible fiabilité dans certaines régions du monde, par l’absence de standardisation des modalités de recueil de ces données et par les différences, qui peuvent être conséquentes, de définition des comportements pénalement répréhensibles.

mais le rapport affirme une tendance globale à la stabilisation de la criminalité.

Quelles causes ?

Il est impossible de cibler une seule cause à la criminalité mais, contre certains présupposés, le rapport affirme que

l’urbanisation et la pauvreté seraient en cause non en tant que telles, mais parce qu’elles rendent plus difficiles l’accès à l’éducation, à la formation, à l’emploi et à l’ensemble des services permettant un développement personnel, économique et social.

Quelles solutions ?

Pour améliorer les stratégies et les interventions en matière de prévention, différents outils sont mis en avant par ce rapport : la police et la justice de « proximité » ; en d’autres termes, l’amélioration des services rendus à la population.

Une chose semble être internationalement reconnue et bénéfique :

Dans tous les pays, sans distinction de richesse, les stratégies et les interventions en prévention les plus innovantes sont celles qui reposent sur des partenariats avec la communauté et qui favorisent les initiatives et l’implication d’acteurs locaux.

Quelles conclusions ?

Un important problème subsiste donc. 

Pourquoi criminaliser des comportements et faire de la sécurité quotidienne une question essentiellement pénale ?

  • Les atteintes à la sécurité des femmes sont plus fortement criminalisées par la création de circonstances aggravantes et d’infractions spécifiques destinées à marquer l’attention portée à ces faits et à promouvoir une approche par genre.
  • À l’égard des enfants et des jeunes, les attitudes « perturbatrices » sont plus souvent qualifiées d' »anti-sociales », la prise en compte de la minorité comme circonstance atténuante de la responsabilité pénale recule, les atteintes à la discipline à l’école sont parfois criminalisées alors que les groupes et bandes de jeunes sont plus facilement considérés légalement comme des gangs criminels encourant des sanctions aggravées.
  • Enfin dans les espaces publics, les comportements « incivils » sont plus fréquemment considérés comme des atteintes à la loi pénale et font l’objet d’actions policières; la réglementation s’accroît et avec elle, les possibilités d’y contrevenir; enfi n la marginalité est plus souvent traitée comme une « nuisance » à gérer.

Cette évolution est en contradiction avec les standards internationaux qui privilégient une analyse plus sociale et éducative de la criminalité et de ses causes et préconisent des réponses plus nuancées et diversifiées.

—> En marge des comportements « incivils », nous pouvons noter par exemple qu’en France, le nombre des homicides commis chaque année baisse depuis le milieu des années 80.

dernier numéro de Questions pénales (septembre 2008), publication du cesdip.