PUBLICATION

LA PEINE DE MORT DANS UNE SOCIÉTÉ DU « FAIRE-VIVRE »

La peine de mort en France a été abolie le 9 octobre 1981 par la loi n° 81-908.

En 2007, à l’occasion du 3ème congrès mondial contre la peine de mort, j’ai participé à une journée d’étude organisée par l’antenne jeune d’Amnesty International et le Génépi d’Amiens.

En ce 9 octobre, j’ai pensé vous transmettre ma communication orale sur La peine de mort dans une société du « faire-vivre ».

En voici l’introduction (texte tel que je l’ai présenté à l’oral, dans un style par conséquent… oral) :

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La peine de mort est, nous le savons, un sujet très controversé. Si dans les civilisations anciennes il est courant de penser que tout meurtrier mérite la mort, il est également courant de défendre l’idée de respecter le droit à la vie. De même, la notion du pardon s’inscrit dans une tradition très ancienne. C’est l’idée contenue par exemple dans le « Tu ne tueras point » du Décalogue. Les réticences à l’égard de la peine de mort ne sont donc pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, récentes. Le combat pour l’abolition n’est pas un combat spécifique à notre modernité même s’il s’est largement, il est vrai, développé en Europe depuis trois siècles.

Cette pratique n’est pas un invariant historique. La peine de mort n’a pas existé en tout lieu et en tout temps, ni de la même manière. La législation et la pratique judiciaire varient d’une période à une autre et la peine capitale est appliquée pour des raisons différentes et selon des fréquences inégales.
La peine de mort est un châtiment, le châtiment capital, dont la pratique est déterminée par de multiples conjonctures : religieuses, politiques, juridiques, sociales, économiques et bien évidemment techniques : le gibet n’est pas la guillotine et la guillotine n’est pas l’injection létale.

Les partisans de la peine de mort évoquent différents arguments en faveur de son maintien ou de son rétablissement. Parmi ces arguments, nous pouvons en citer trois : celui de la juste rétribution, celui de la dissuasion et celui de l’incapacité.

Pour ma part, je voudrais dans cet exposé réfléchir sur les arguments en faveur de son abolition. Notre propos se situera principalement dans une perspective française mais il est certain également que les diverses interrogations qui se poseront à nous vont nous mener sur des problématiques d’ordre plus général et il est à peu près certain enfin que dans notre parcours nous rencontrerons les États-Unis.

Dans un premier moment donc, nous aborderons l’argument de « l’intolérable ». Depuis la fin du XVIIIème siècle essentiellement, la peine de mort en France suscite de vives réactions et de nombreuses controverses. Les partisans de son abolition s’opposent à ce châtiment par souci d’humanité. En effet, au nom de quels principes une Justice s’attribue-t-elle le droit de tuer un homme ?

Dans un deuxième temps, au delà du sentiment d’intolérable que la peine de mort peut provoquer, nous montrerons son incohérence dans un système juridico-pénal qui pose comme principe premier « l’amendement du condamné ». Comment comprendre, en d’autres termes, que la peine de mort puisse fonctionner dans une société du « faire vivre ».

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—> Et vous pouvez retrouver l’intégralité de cette intervention sur le site de prison.eu.org.