ÉVÉNEMENT

LA POLICE DANS LES « QUARTIERS SENSIBLES » : UN PROFOND MALAISE

PAR LAURENT MUCCHIELLI

Dans le cadre des jeudis de l’ACAT

Jeudi 4 septembre 2008 à 19h30

à la Maison fraternelle, 37, rue Tournefort 75005-Paris

(métro Place Monge- Ligne 7)

À cette occasion, je vous recommande :

source : La frénésie sécuritaire. Retour à l’ordre et nouveau contrôle social

Éditions de la découverte, collection Sur le vif, mars 2008.

L’ouvrage est dirigé par Laurent Mucchielli.

Et en parlant de « quartiers sensibles », nous trouvons dans cet ouvrage collectif un article très intéressant (certes, ils le sont tous…) de Mathieu Rigouste, chercheur en Sciences Sociales à l’Université de Paris VIII-Saint Denis (ÉRASME).

Son article « La guerre intérieure : la militarisation du contrôle des quartiers populaires » nous montre comment la police utilise de plus en plus des méthodes d’action militaires. Lors des révoltes dans les banlieues (par exemple à Villiers-le-Bel en novembre 2007), la police n’a pas simplement usé de techniques mais aussi de matériels militaires (« drones de reconnaissance », « hélicoptères », « snipers »). Comme dans la lutte anti-terroriste, lorsqu’il s’agit des banlieues, le militaire s’insinue dans la police. Les unités GIGN et RAID sont intervenus pour soutenir les forces de l’ordre. La frontière entre la « défense » (le militaire) et la « sécurité » (le civil) est de plus en plus floue : il faut protéger le territoire national et neutraliser les « nouvelles menaces ».

Mathieu Rigouste nous explique dans cet article :

– comment ce glissement s’est effectué… de la mise en place du « Dispositif de Protection Urbaine » (DPU) durant la guerre d’Algérie à l’ouverture en 2006 du Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB)… en passant par l’émergence de la notion de « sécurité intérieure » dans les années 1970, par la répression de la « guérilla urbaine » dans les années 1990 (assimilée parfois à un « terrorisme larvé »), par la promulgation en 2000 d’une « Doctrine de contrôle des zones urbanisées »

– et comment

« à certains égards, les quartiers populaires servent donc de laboratoire pour l’importation de technologies militaires dans le champ du contrôle intérieur ».

… voir aussi son article paru dans Cultures et Conflits

Et nous pouvons rappeler l’existence de CLARIS (dont Laurent Mucchielli est membre),

CLARIS, le blog

CLARIS, le site

Le site comprend une importante base documentaire, dont la revue CLARIS :

numéro 1 – octobre 2006 – « Justice des mineurs, émeutes urbaines »

numéro 2 – décembre 2006 – « Déviances et délinquances juvéniles. Nouvelle prévention ou nouvelle répression ? »

numéro 3 – avril 2007 – « Discriminations, ségrégation, ghettoïsation : quel avenir pour les quartiers populaires ? »

numéro 4 – mars 2008 – « La municipalisation des politiques de sécurité »

« L’objectif de CLARIS est de clarifier le débat public sur la sécurité »

—> ACTUALISATION DE CE BILLET :

LE 11 OCTOBRE 2008 : Aujourd’hui, il est possible de lire le texte de son intervention.