QUOTIDIEN

Quatrième brochure du GIP attribuée à Daniel Defert et Gilles Deleuze en avril 1972 et co-signée avec le Comité d’Action des Prisonniers (C.A.P.) et l’Association de Défense des Droits des Détenus (A.D.D.D.)

“Chaque année, l’association internationale pour la prévention du suicide, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, organise, le 10 septembre, la journée mondiale de prévention du suicide. L’objectif de cette journée est de sensibiliser les communautés à la gravité du phénomène en tant que cause de décès prématurés et évitables. En France, près de 11 000 personnes se suicident chaque année (chiffre sous estimé d’environ 20 % en raison des modes de codification des décès, selon le centre d’épidémiologie sur les causes médicales du décès -CépiDc-). Cela représente globalement un taux de suicide de 2 pour 10 000. En prison, ce taux est environ 7 fois plus élevé“.

[extrait de l’éditorial du site prison.eu.org mise en gras par moi]

60% des suicidés en prison sont en attente de jugement, et donc présumés innocents, et un tiers a lieu pendant le premier mois de la détention.

La violence de l’incarcération peut en effet entraîner une lutte contre l’institution (révoltes, mutineries, agressions verbales ou physiques contre un agent représentant l’ordre pénitentiaire) mais peut aussi se retourner contre soi, comme dans les cas d’automutilations ou de suicides. Les suicides, tentatives de suicide, automutilations et grèves de la faim sont recensés par l’Administration pénitentiaire dans la rubrique « incidents de détention » aux côtés des agressions contre le personnel et des évasions. Cette classification atteste que l’Administration pénitentiaire ne distingue pas un mouvement revendicatif d’un acte de désespoir ou d’un problème de sécurité.